Publié le 02/10/2025 06:55. Une nouvelle caravane de migrants a quitté mercredi le sud du Mexique à pied, direction Mexico. Ce mouvement intervient dans un contexte de durcissement de la politique migratoire américaine et d’espoir d’échapper à la précarité et à l’incertitude vécues à la frontière guatémaltèque.
- Plusieurs centaines de personnes venues d’Amérique Centrale et des Caraïbes composent cette caravane.
- Les migrants dénoncent les difficultés à obtenir des documents officiels au Mexique, les poussant à un travail précaire et à l’exploitation.
- L’objectif est d’obtenir un statut légal au Mexique, renonçant pour l’heure à l’idée de rejoindre les États-Unis.
C’est à pied que plusieurs centaines de migrants, originaires notamment du Guatemala, du Honduras, du Venezuela, du Salvador, d’Haïti et de Cuba, ont entamé leur périple depuis Tapachula, dans le Chiapas. Leur destination : la capitale mexicaine. Cette marche intervient alors que les États-Unis renforcent leur politique d’immigration, laissant de nombreux exilés dans une situation de grande vulnérabilité à la frontière sud du Mexique.
Parmi eux, Yovani de Jesús, Vénézuélien, explique avoir quitté Tapachula en raison du manque de soutien des autorités mexicaines pour régulariser sa situation. « Les documents nous sont refusés », témoigne-t-il auprès de l’agence EFE. « Sept mois que je suis à la Commission mexicaine d’aide aux réfugiés (COMAR). D’abord, je n’ai pas eu de réponse par courrier. Je suis retourné là-bas, on m’a donné des documents à charger ici, il était dit qu’on publierait des résolutions et finalement, je n’ai rien reçu. » Ce manque de papiers empêche l’accès à un emploi stable, à la sécurité sociale et expose les migrants à l’exploitation.
Gladys Castillo, Salvadoreña, partage cette aspiration à une régularisation au Mexique, beaucoup étant bloqués dans la région depuis un an. « C’est un peu compliqué car il est difficile de trouver du travail, et quand on en trouve, il est très mal payé », explique-t-elle. « S’il y a des endroits qui paient un peu mieux que Tapachula et que nous pouvons nous organiser pour survivre, pour qu’ils nous donnent les papiers pour rejoindre la capitale et pouvoir travailler. »
Une voie vers les États-Unis écartée
Mexico est devenue un point de blocage pour de nombreux migrants, coincés par l’absence de documents et une méfiance grandissante envers les institutions, exacerbant la crise migratoire. L’effet « double frontière », auparavant concentré dans des villes comme Tijuana au nord ou Tapachula au sud, s’est étendu à la capitale, en réaction aux nouvelles restrictions migratoires américaines et au retour de Donald Trump à la Maison Blanche.
Oreste Rodríguez, Cubain poussant un tricycle avec sa famille, décrit leur situation comme un « enfer » en l’absence de régularisation, les contraignant à marcher malgré les dangers. « Nous cherchons juste un statut d’immigration pour pouvoir contribuer au pays, tout simplement, en travaillant décemment », affirme-t-il. L’objectif de ces migrants est désormais de trouver une voie légale pour travailler au Mexique, reportant l’espoir de rejoindre les États-Unis.