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De la brillance de Genève à la ligue suisse

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Publié le 06.10.2025, 5h30. D’ici 2030, le HC Sierre doit évoluer dans une patinoire flambant neuve de 90 millions de francs suisses, visant la Ligue Nationale. Cependant, la réalité actuelle du club est loin d’être aussi reluisante. Une visite s’imposait auprès de son maître d’œuvre, Chris McSorley.

Chris McSorley, 63 ans, navigue actuellement entre les vestiges d’une époque révolue et les ambitions d’un futur prometteur pour le HC Sierre. L’ancien pilier du hockey suisse, qui a bâti Genève-Servette pendant près de vingt ans, se retrouve aujourd’hui à la tête du club sierrois, assumant les rôles d’entraîneur, directeur sportif et propriétaire. Une situation qui contraste fortement avec son passé, marqué par un départ houleux de Genève et une relation conflictuelle avec son ancien club.

« C’est un peu comme si l’on mettait du rouge à lèvres à un cochon pour le rendre présentable », confie McSorley, évoquant la patinoire actuelle de Sierre, la Grabenhalle. Ce bâtiment, décrit comme le « dernier bastion rustique du hockey sur glace professionnel suisse », tranche avec les standards modernes. Pourtant, McSorley y voit le terreau d’un renouveau.

L’homme, reconnu pour sa résilience et son sens des affaires, a identifié le Valais comme une région négligée dans le paysage du hockey national. « Le canton a la taille du Tessin et mérite une équipe en Ligue Nationale. Je crois qu’il y a un grand enthousiasme pour le hockey ici », explique-t-il.

Le projet phare est la future Valais Arena, une enceinte de 6 500 places dont le coût s’élèvera à près de 90 millions de francs. Les démarches sont bien avancées, avec un référendum ayant déjà obtenu 64% d’approbation. L’objectif est clair : retrouver la plus haute ligue d’ici 2030, un exploit que Sierre n’a pas réalisé depuis 1991.

McSorley n’en est pas à son coup d’essai en matière de transferts audacieux. Il y a plusieurs années, il avait envisagé, avec l’investisseur Ken Stickney, de relocaliser l’EHC Kloten à Sierre. Face à l’échec de ce projet, il a fait le choix d’acquérir directement le HC Sierre.

Son parcours professionnel est jalonné de succès, notamment à Genève-Servette, où il a su attirer des personnalités influentes. Il est rapporté que des personnalités comme le milliardaire russe Guennadi Timtchenko, alors propriétaire de Gunvor, auraient investi des millions dans le club genevois. McSorley aurait même dispensé des leçons de patinage à l’épouse de ce dernier.

Malgré les difficultés actuelles, McSorley conserve une bonne dose d’autodérision. « J’aimerais montrer à mon père que mon grand plan a fonctionné : à 63 ans, j’entraîne dans la deuxième ligue dans un stade délabré », déclare-t-il en riant. Ce sens de l’humour lui a toujours servi, notamment lorsqu’il évoluait en tant que « Goon » dans les ligues nord-américaines. « Je n’étais pas assez bon sur le plan ludique. Mais j’étais le protecteur de nos meilleurs joueurs. C’est pourquoi j’avais un travail. Et j’ai tout fait pour le garder », confie-t-il, évoquant une période où il craignait de devoir retourner à la ferme familiale.

Son passé de joueur est marqué par une agressivité notable, avec notamment 575 minutes de pénalité récoltées en 75 matchs lors de la saison 1985-1986. Une anecdote raconte même qu’il aurait mordu un adversaire au nez. Ces expériences, forgées dans les conditions difficiles du hockey canadien, ont selon lui façonné son caractère. « L’été à la ferme a laissé plus de traces que l’hiver avec les combats sur la glace », assure-t-il.

Aujourd’hui, McSorley met à profit son flair commercial pour convaincre les sponsors locaux. Il sait créer une atmosphère de proximité, essentielle pour fidéliser les spectateurs, des plus jeunes aux plus anciens. « Si les enfants peuvent prendre des photos avec les joueurs et veulent revenir encore et encore, alors vous avez le client le plus endurci dans la poche », affirme-t-il.

La réalité du quotidien à Sierre, c’est la Swiss League, loin des projecteurs. Les joueurs y évoluent souvent grâce à des emplois à temps partiel pour joindre les deux bouts. Malgré cela, McSorley reste concentré sur ses objectifs, rappelant la citation de Rainer Maria Rilke : « Qui parle de victoires ? Survivre est tout ! ».

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