Home International Le cinéaste expérimental noté était 92

Le cinéaste expérimental noté était 92

0 comments 96 views

Publié le 2025-10-07 00:52:00. Le monde du cinéma expérimental est en deuil. Ken Jacobs, cinéaste avant-gardiste reconnu pour son utilisation novatrice d’images d’archives, s’est éteint ce dimanche à Manhattan à l’âge de 92 ans.

  • Ken Jacobs, pionnier du cinéma expérimental, est décédé à 92 ans.
  • Son fils a précisé que son décès faisait suite à une insuffisance rénale, survenue peu après le décès de son épouse, Flo Jacobs.
  • Le Film at Lincoln Center l’a salué comme un « titan du cinéma expérimental américain ».

Le réalisateur, dont la carrière s’étend sur plus de sept décennies, était célèbre pour sa capacité à transformer des matériaux visuels existants en œuvres d’art singulières. Né à Brooklyn, Ken Jacobs a fait ses premiers pas sur la scène artistique new-yorkaise dans les années 1960, aux côtés de figures comme Andy Warhol et Allen Ginsberg. Après une formation en peinture auprès de Hans Hoffman, il s’est tourné vers le septième art, collaborant notamment avec Jack Smith sur des films underground marquants tels que « Blonde Cobra » et « Little Tads at Happiness ».

Avec son épouse Flo, il a co-fondé le Millennium Film Workshop en 1966, une institution dédiée à la promotion du cinéma indépendant et expérimental. Parallèlement, Ken Jacobs a enseigné pendant plus de trente ans au département cinéma de l’Université de Binghamton. Son travail, souvent ancré dans le paysage urbain de Manhattan, explorait les « minidrames du désespoir social », comme l’a décrit le critique de cinéma et ancien étudiant J. Hoberman.

Flo et Ken Jacobs
Flo et Ken Jacobs. Avec l’aimable autorisation Azazel Jacobs

Parmi ses œuvres les plus marquantes figure « Tom, Tom the Piper’s Son » (1969), qui réinvente un court métrage de 1905 en manipulant son rythme, sa lumière et son mouvement. Ce film a été intégré au National Film Registry en 2007. Ken Jacobs expliquait sa démarche ainsi : « Il y a déjà tellement de films. Créons une place pour un regard plus profond, jouons avec, apportons-le dans une nouvelle lumière avec une projection inventive et expressive. Freud suggère de le faire pour regarder dans nos esprits. »

Son exploration d’images d’archives a culminé avec « Star Spangled to Death » (2004), une œuvre monumentale de près de sept heures retraçant l’histoire américaine du 20e siècle à travers des found footage qu’il avait commencé à collectionner dès 1957. D’autres films notables incluent « Perfect Film » (1986) et « Opening of the XIXth Century: 1896 » (1990). Les films, vidéos et performances de Ken Jacobs ont été présentés dans de nombreux festivals et institutions prestigieuses, tels que le Festival du Film de Berlin, le Festival du Film de Londres, le Festival du Film de New York et le Museum of Modern Art (MoMA).

La carrière de Ken Jacobs a été saluée par de nombreuses distinctions, dont le prix Maya Deren de l’American Film Institute (AFI), une bourse Guggenheim et des subventions du National Endowment for the Arts, de la Rockefeller Foundation et du New York State Council on the Arts.

Ken Jacobs laisse derrière lui son fils, le cinéaste Azazel Jacobs, ainsi qu’une fille, l’artiste Nisi Ariana.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.