Salaires d’ingénieurs et d’architectes en légère baisse en Suisse, mais l’IA ne fait pas peur
Les professionnels de l’ingénierie et de l’architecture en Suisse constatent une légère érosion de leurs revenus cette année, marquant un recul après plusieurs années de hausse. Cependant, le marché de l’emploi reste dynamique et l’intelligence artificielle, bien qu’utilisée, ne suscite pas d’inquiétude quant à la pérennité des emplois.
L’enquête Salar 2025/26, menée par Ingénierie Suisse auprès de 2 291 ingénieurs et architectes à travers le pays, révèle que le salaire médian atteindra 122 000 francs suisses en 2025. Ce chiffre représente une légère diminution par rapport à l’année précédente, mais reste supérieur aux niveaux de 2023 et 2022. Les rémunérations varient considérablement selon les secteurs et les régions. Les postes les plus lucratifs se trouvent dans l’administration publique (médiane de 143 074 CHF) et le secteur financier (139 000 CHF). La chimie, la pharmacie et les technologies médicales offrent également des salaires attractifs. En revanche, l’industrie des machines et des métaux (117 250 CHF) ainsi que les secteurs du chauffage, de la ventilation, de la climatisation et de l’approvisionnement en eau (113 478 CHF) sont moins rémunérateurs. Sur le plan régional, le nord-ouest de la Suisse affiche la médiane la plus élevée (133 900 CHF), suivi du Tessin (129 000 CHF), de l’Espace Mittelland (126 100 CHF) et de Zurich (120 000 CHF). La région de Genève se situe en bas du classement, avec une médiane de 114 000 CHF. Malgré cette légère baisse, une majorité significative de 69% des sondés jugent leur salaire comme adéquat.
Les jeunes professionnels continuent de bénéficier d’un marché du travail favorable. Ils trouvent généralement un premier emploi rapidement, avec un salaire d’entrée moyen d’environ 90 000 francs suisses, qui correspond à leurs attentes et est perçu comme juste.
### L’IA : une alliée prudente, pas une menace imminente
L’étude Salar 2025/26 s’est également penchée sur l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans le quotidien des professionnels de l’ingénierie et de l’architecture. Si de nombreux praticiens utilisent déjà des outils d’IA dans leurs tâches quotidiennes, une véritable euphorie technologique n’est pas encore perceptible. Environ la moitié des répondants constatent des effets positifs sur leur productivité grâce à l’IA, tandis que l’impact global sur le travail en 2025 est jugé limité.
Plus important encore, l’angoisse de voir leur emploi menacé par l’IA à court terme est quasi inexistante. Seuls 3% des ingénieurs et architectes suisses craignent une menace concrète, 87% ne voient aucun danger, et 10% n’ont pas souhaité se prononcer.
L’étude complète est disponible gratuitement pour les membres d’Ingénierie Suisse. Les non-membres peuvent se la procurer moyennant 150 francs suisses en écrivant à info@ingenieursuisse.ch.