Publié le 08 octobre 2025, 17h00. Les drones ukrainiens ciblent les raffineries russes, portant un coup dur à l’économie de guerre de Vladimir Poutine. Un ancien général américain plaide pour un renforcement des sanctions contre Moscou.
- Les attaques de drones ukrainiens sur les infrastructures pétrolières russes affectent la production de carburant et de brut.
- Un ancien haut responsable militaire américain, David Petraeus, appelle à des sanctions plus strictes contre la Russie et ses partenaires économiques.
- L’Ukraine développe et déploie des drones et missiles à longue portée pour frapper des cibles stratégiques au-delà du front.
L’industrie pétrolière constitue la pierre angulaire de l’effort de guerre russe. Cependant, l’efficacité croissante des frappes de drones ukrainiens sur les installations de raffinage commence à peser lourdement sur l’économie du pays. Selon des informations rapportées par plusieurs médias, plus de 20 % des raffineries russes auraient été endommagées ou détruites. Cette situation, combinée à des difficultés financières anticipées pour le Fonds de protection sociale russe l’année prochaine, crée une opportunité pour de nouvelles mesures de pression.
L’ancien commandant des forces américaines en Afghanistan et ex-directeur de la CIA, David Petraeus, a souligné dans une interview accordée à Frankfurter Rundschau que le régime de Poutine exploitait le conflit pour continuer à financer sa machine de guerre. Il a ainsi plaidé pour l’adoption d’un nouveau train de sanctions européennes et américaines. L’objectif serait de « démanteler l’économie de guerre russe » et de cibler ceux qui fournissent des composants essentiels au complexe militaro-industriel russe, ainsi que les acheteurs de pétrole et de gaz russes. Petraeus suggère que des pays comme l’Arabie Saoudite pourraient compenser les exportations russes en augmentant leur propre production, privant ainsi Moscou d’acheteurs.
L’économie de Vladimir Poutine sous pression : un général américain réclame davantage de sanctions
Des signes de tension apparaissent déjà sur le marché intérieur russe. Les exportations d’essence du Bélarus vers la Russie auraient quadruplé en septembre par voie ferrée, selon l’agence de presse Reuters. Plusieurs régions russes ont mis en place des mesures de rationnement du carburant et un gel temporaire des prix. Des images de stations-service saturées de véhicules circulent, y compris dans les territoires occupés comme la Crimée.
Attaques de drones contre l’économie pétrolière russe : les raffineries de Vladimir Poutine brûlent
Les attaques de drones ukrainiens contre l’industrie pétrolière russe se multiplient. Mi-septembre, une raffinerie de la compagnie pétrolière Bashneft, située dans la république russe du Bachkortostan, a pris feu. Fin janvier et début février, une vague de drones ukrainiens avait déjà ciblé plusieurs raffineries de pétrole russes. Les attaques ne se limitent plus aux zones proches du front. Un drone ukrainien aurait ciblé le pipeline Droujba, l’un des plus grands au monde, sur le territoire russe, près de la frontière biélorusse. Un dépôt pétrolier dans la région de Volgograd et une raffinerie à Kstovo (oblast de Nijni Novgorod) ont également été touchés, démontrant la capacité de l’Ukraine à frapper loin derrière les lignes ennemies.

Des drones ukrainiens à longue portée, tels que le « Ljutyi », revendiqueraient une portée de 2 000 kilomètres, capable d’atteindre des villes comme Ekaterinbourg dans l’Oural. Le drone « Ninja », basé sur un petit avion de sport, aurait parcouru 1 500 kilomètres pour frapper une installation de Gazprom Neftekhim à Salavat.
Contre Vladimir Poutine : les Ukrainiens développent leur propre missile de croisière à longue portée
En juin 2025, les Ukrainiens ont dévoilé le drone à hélice à longue portée FP-1. Selon des analyses du groupe de réflexion américain Foundation for Defence of Democracies (FDD), cet appareil pourrait parcourir jusqu’à 1 600 kilomètres avec une charge utile de 120 kilogrammes. L’Ukraine espère également recevoir des missiles américains à longue portée, tels que le « Barracuda », à l’automne 2025. Parallèlement, le développement de missiles de croisière propres, comme le « Flamingo », vise à renforcer la capacité de Kyiv à mener des frappes aériennes contre l’industrie pétrolière russe.