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L’Allemagne relève ses prévisions de croissance, mais met en garde contre la nécessité de réformes | National

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Publié le 24 septembre 2025 19:26:00. Le gouvernement allemand a revu à la hausse ses prévisions de croissance pour 2025 et 2026, tablant sur un rebond après deux années de contraction, tout en insistant sur la nécessité de réformes structurelles ambitieuses pour assurer une reprise durable.

  • La croissance économique allemande devrait atteindre 0,2% en 2025, puis 1,3% en 2026.
  • Ces projections marquent une amélioration par rapport aux prévisions d’avril, qui anticipaient une stagnation.
  • Le gouvernement met en garde contre les défis persistants, notamment la concurrence accrue de la Chine et les incertitudes commerciales mondiales.

Après une période difficile marquée par un repli économique en 2023 et 2024, imputable à un ralentissement de son puissant secteur manufacturier, à la flambée des coûts de l’énergie et à une demande exportatrice atone, l’Allemagne voit enfin le bout du tunnel. Le ministère de l’Économie anticipe désormais une légère expansion du Produit Intérieur Brut (PIB) de 0,2 % en 2025. Cette prévision, en nette amélioration par rapport à la stagnation initialement envisagée, laisse présager une sortie de récession. L’élan devrait s’accentuer en 2026, avec une croissance attendue de 1,3 %, contre 1 % auparavant. Le gouvernement mise notamment sur des investissements accrus dans la défense et les infrastructures pour stimuler l’activité.

La ministre de l’Économie, Katherina Reiche, a souligné que ce redressement ne serait pas automatique et nécessiterait une mobilisation sans faille. Elle a averti que l’économie allemande faisait face à des vents contraires de plus en plus forts, allant de la politique commerciale américaine parfois erratique à l’affirmation de la Chine comme un concurrent redoutable dans de nombreux domaines. « L’économie est loin de fonctionner de manière optimale », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse à Berlin. « Nous devons nous battre pour retrouver la croissance. Et nous devons nous battre pour maintenir une Europe forte. C’est pourquoi nous avons besoin du courage de mettre en œuvre des réformes décisives. »

Une part significative de la dynamique de croissance attendue en 2026 et 2027 proviendra d’un fonds spécial destiné à la modernisation des infrastructures et à l’augmentation des dépenses militaires. Le chancelier Friedrich Merz a pris la décision d’assouplir les règles budgétaires allemandes, traditionnellement très strictes, afin de faciliter l’emprunt public nécessaire pour la rénovation des infrastructures vieillissantes et pour renforcer les capacités de défense face aux tensions géopolitiques croissantes, notamment celles émanant de la Russie.

Cependant, Katherina Reiche a insisté sur le fait que des réformes plus profondes étaient indispensables pour « surmonter les faiblesses structurelles » de l’économie. Ses propos font écho aux analyses des économistes qui appellent à s’attaquer aux rigidités administratives et à la bureaucratie pesante pour assurer une croissance pérenne.

La Chine, un partenaire devenu concurrent

Les données économiques publiées ce jour-là ont mis en lumière les difficultés persistantes. La production industrielle a connu une forte baisse en août, particulièrement dans le secteur automobile, déjà fragilisé. Ces chiffres ravivent les craintes d’une récession technique, définie par deux trimestres consécutifs de contraction du PIB, après un recul de 0,3 % observé au deuxième trimestre.

Les mesures tarifaires imposées par le président américain Donald Trump ont durement affecté l’Allemagne, les États-Unis représentant une destination d’exportation majeure. Si une ruée vers les importations avant l’instauration de ces droits de douane avait brièvement soutenu l’économie en début d’année, cette tendance s’est depuis inversée, les taxes freinant désormais les échanges.

Le commerce extérieur, pilier de la croissance allemande ces dernières années, ne devrait plus jouer ce rôle de moteur dans les années à venir, selon Katherina Reiche. Ce ralentissement s’explique non seulement par la politique commerciale américaine, mais aussi par l’évolution de la relation avec la Chine, qui est passée du statut de simple marché d’exportation à celui de concurrent dans de nombreux secteurs industriels.

Tout en saluant les prévisions de croissance revues à la hausse, le ministre des Finances Lars Klingbeil, également vice-chancelier, a rappelé qu’il n’y avait pas lieu de se relâcher. « L’industrie allemande, particulièrement tournée vers l’exportation, reste soumise à une forte pression », a-t-il déclaré. « L’environnement international difficile continue de peser sur l’économie allemande. »

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