Publié le 2025-10-09 16:30:00. Le nouveau volet de la saga « Tron », intitulé « Tron: Ares », débarque dans les salles obscures avec la promesse d’explorer les confins de l’intelligence artificielle. Cependant, la critique déplore un film manquant de style et de substance, loin de l’audace visuelle de ses prédécesseurs.
- « Tron: Ares » peine à convaincre par son scénario jugé superficiel et ses personnages caricaturaux.
- Le film s’éloigne de l’esthétique rétrofuturiste et de l’audace visuelle qui avaient fait le succès de « Tron: Legacy ».
- Jared Leto, dans le rôle principal, est critiqué pour une performance rappelant un ersatz de film de série B.
Lorsqu’en 2010, Joseph Kosinski faisait ses premiers pas dans le cinéma avec « Tron : Legacy 3D », il proposait une œuvre audacieuse qui rompait avec les conventions hollywoodiennes. Inspiré par les débuts de l’industrie du jeu vidéo, le film tentait de transposer cette esthétique singulière à l’écran, repoussant les limites du récit cinématographique. Le public était alors plongé dans un univers abstrait et stylisé où des programmes informatiques luttaient pour leur liberté.
Dix ans plus tard, « Tron : Legacy » continuait cette exploration, introduisant le fils de Kevin Flynn, Sam, à la recherche de son père disparu. Ce dernier l’entraînait dans un monde numérique où des cyber-créations, dotées d’une conscience naissante, côtoyaient de simples lignes de code. Le film se distinguait par son esthétique minimaliste, géométrique et sa conception sonore soignée, notamment grâce à la bande originale signée Daft Punk.
Avec « Tron : Ares », la donne semble avoir changé. Les créateurs de cette nouvelle itération auraient décidé de « tout enterrer », délaissant la profondeur narrative et le style visuel qui caractérisaient les opus précédents. Le film met en scène le duel de deux géants de la technologie visant à matérialiser l’intelligence artificielle dans le monde réel. Cependant, cette ambition se heurte à une exécution jugée décevante.
Jared Leto, qui cumule les rôles de producteur et d’acteur principal, campe Ares, un programme avide de liberté, mais sa performance est qualifiée de ridicule, reminiscent d’un personnage de série B plutôt que d’un protagoniste charismatique. Son antagoniste, censé évoquer Elon Musk, s’apparente davantage à une parodie bon marché d’un méchant de James Bond.
Le film précédent avait brillé par son exploitation novatrice de la technologie 3D, offrant une expérience visuelle immersive. « Tron : Ares », réalisé par le Norvégien Joachim Rønning, tente de transposer ces cyber-créations dans un monde réel dépeint comme sombre. Si des scènes de course-poursuite tentent de rappeler l’esthétique des origines, elles ne parviennent qu’à évoquer un « rétro fastidieux ».
La beauté abstraite du premier volet, portée par la musique électronique de Daft Punk, a laissé place aux compositions synthétiques plus sombres de Trent Reznor et Atticus Ross. Cette bande-son, bien que potentiellement de qualité, souligne involontairement le ridicule et le manque d’imagination du film, qui se veut fatal et existentiel mais se révèle égocentrique et trop sérieux.
Comparé à certains films de super-héros sombres qui masquent un vide scénaristique par un excès de plans léchés, « Tron : Ares » semble se perdre dans la même démarche. Les réalisateurs optent pour une esthétique sombre et des ralentis répétitifs, dans une vaine tentative de commenter le monde technologique actuel. Au lieu d’une perspective critique, le film se contente de clichés éculés.
Là où le précédent volet pouvait être critiqué pour privilégier le design à l’histoire, ce nouveau « Tron » n’a même plus cet argument à faire valoir. Il peine à proposer des scènes marquantes, à l’exception peut-être de quelques rares séquences mettant en scène des cyber-machines géantes ou ultra-rapides, rappelant une impression 3D rudimentaire. La lourdeur s’installe, illustrée par des scènes de Jared Leto aux longs cheveux, sautant au ralenti ou partant vers un coucher de soleil à moto, le tout dénué de toute ironie.
Le propos des auteurs, lorsqu’ils cherchent à aborder des thèmes profonds, se traduit par des scènes qui rappellent des productions bon marché, voire des dessins animés pour enfants. Dans un contexte actuel où le techno-optimisme des années 80 et 90 a laissé place à une vision plus nuancée, voire pessimiste, de l’avenir numérique, « Tron : Ares » semble ne pas trouver sa voie.
Le film tente maladroitement de concilier l’héritage des deux premiers opus, mais se résume à un flot continu de clichés numériques, sans offrir de véritable propos ou de personnages attachants. Les quelques scènes d’action solides ne suffisent pas à masquer un manque criant d’idées et de vision d’ensemble.
Fiche technique : Tron – Ares
Action / science-fiction, États-Unis, 2025, 119 minutes
Avec Jared Leto, Greta Lee, Evan Peters, Jodie Turner-Smith, Hasan Minhaj, Arturo Castro, Gillian Anderson, Jeff Bridges, Cameron Monaghan, Sarah Desjardins et autres.