Publié le 2025-10-13 18:12:00. La Roumanie et l’Autriche renforcent leurs liens diplomatiques et économiques, symbolisés par la visite de la ministre autrichienne des Affaires étrangères à Bucarest. Malgré les récentes tensions diplomatiques liées à Schengen, les deux pays visent une coopération accrue, notamment dans les domaines de l’énergie, du tourisme et de la sécurité.
- Le fils du président autrichien promeut le potentiel touristique roumain, soulignant la nécessité d’améliorer son image.
- La Roumanie et l’Autriche cherchent à surmonter les divergences diplomatiques, notamment concernant l’adhésion de la Roumanie à l’espace Schengen.
- L’Autriche, deuxième investisseur en Roumanie, voit dans ce pays un partenaire stratégique pour l’énergie et d’autres secteurs clés.
Florian Van der Bellen, fils du président autrichien Alexander Van der Bellen et développeur de projets touristiques en Roumanie, a récemment souligné le potentiel inexploité du pays dans ce secteur. Installé en Roumanie avec sa famille, il regrette le « problème d’image » de la nation, tout en affirmant que le « savoir-faire autrichien » pourrait grandement contribuer à son développement.
Dans ce contexte, la visite de la ministre autrichienne des Affaires étrangères, Beate Meinl-Reisinger, à Bucarest a marqué une étape importante. Elle a participé à un petit-déjeuner économique à l’ambassade d’Autriche, aux côtés de son homologue roumaine, Oana Toiu, et d’une délégation d’entrepreneurs et de managers autrichiens. La rencontre a été l’occasion de discuter des relations bilatérales et des opportunités de coopération.
Les discussions ont également porté sur des questions plus sensibles, telles que le veto autrichien à l’adhésion de la Roumanie à l’espace Schengen. Beate Meinl-Reisinger a réaffirmé la position de l’Autriche, tout en indiquant que le pays œuvrait activement pour soutenir l’intégration de la Roumanie au sein d’organisations telles que l’OSCE et, à terme, la zone euro. Elle a rappelé l’importance de la Roumanie comme partenaire, soulignant que « le chapitre Schengen est clos » et qu’un « nouveau chapitre s’ouvre ».
L’Autriche se positionne comme le deuxième investisseur en Roumanie, avec un total de 13 milliards d’euros investis. Les échanges ne sont pas à sens unique, puisque les Roumains constituent le deuxième groupe d’immigrés en Autriche, derrière les Allemands, avec environ 150 000 résidents et 40 000 travailleurs transfrontaliers. La ministre a particulièrement salué la contribution des travailleuses roumaines dans le secteur des soins en Autriche.
Parmi les secteurs prometteurs pour une coopération renforcée figurent l’énergie, notamment à travers des projets communs avec des partenaires roumains en mer Noire, ainsi que le tourisme. La ministre a également souligné que l’Autriche pourrait bénéficier de l’expertise roumaine dans le domaine de la cybersécurité. Elle a par ailleurs mis en avant le dynamisme économique de la Roumanie et sa politique pro-européenne constante, la distinguant ainsi d’autres pays de la région.
La situation politique en Roumanie a également été évoquée, notamment la formation récente d’un gouvernement de coalition libéral. L’actualité politique récente a été marquée par l’annulation du premier tour de l’élection présidentielle et la disqualification d’un candidat pro-russe, suivie de la victoire d’un candidat pro-européen. Beate Meinl-Reisinger a profité de cette occasion pour saluer le rôle de l’administration Trump dans la libération d’otages israéliens, un événement personnellement émouvant pour elle.
L’après-midi de la visite a été consacrée à des actions concrètes, incluant la visite d’un projet scolaire soutenu par la Fondation Concordia pour les enfants défavorisés, et une visite à la raffinerie OMV Petrobrazi. Ce site industriel représente un investissement majeur pour le groupe autrichien OMV, qui y développe des projets dans les énergies vertes, notamment l’hydrogène. La ministre a insisté sur le rôle de la Roumanie comme « porte d’entrée vers l’Europe » en matière d’approvisionnement énergétique.