Budget 2026 : des économies potentielles pour les familles norvégiennes, mais des contreparties à anticiper
Le gouvernement norvégien dévoile son projet de budget pour 2026, promettant des allégements financiers significatifs pour les familles avec de jeunes enfants, notamment sur les frais de garde. Cependant, certaines mesures pourraient également engendrer des dépenses supplémentaires, en particulier dans les zones rurales.
Cap sur des tarifs plafonnés pour la garde d’enfants
La mesure phare du projet de budget, présenté mercredi, concerne le secteur de la petite enfance. Il est proposé d’instaurer un tarif mensuel maximal de 1 200 couronnes (environ 110 euros) pour l’accueil en crèche. Cette somme sera ramenée à 700 couronnes (environ 65 euros) dans les communes les plus éloignées.
Selon les estimations gouvernementales, une famille avec un enfant inscrit en crèche pourrait ainsi réaliser une économie annuelle d’environ 31 000 couronnes (près de 2 850 euros) par rapport aux tarifs de 2021, une fois l’inflation corrigée. Ce montant atteindrait environ 37 000 couronnes (près de 3 400 euros) pour les familles résidant dans les communes isolées. L’offre de douze heures hebdomadaires de garde périscolaire gratuite (SFO) pour les élèves de première, deuxième et troisième années sera par ailleurs maintenue.
Des ajustements sur les aides fiscales et familiales
Toutefois, le projet de budget prévoit une réduction de la déduction fiscale parentale. Celle-ci passerait de 25 000 couronnes (environ 2 300 euros) à 15 000 couronnes (environ 1 380 euros) pour un enfant, et de 15 000 couronnes à 10 000 couronnes (environ 920 euros) pour chaque enfant supplémentaire.
Par ailleurs, le versement mensuel des allocations familiales, destiné aux parents d’enfants de moins de 18 ans, ne sera pas revalorisé. Le montant actuel de 1 968 couronnes (environ 180 euros) par enfant et par mois restera inchangé, malgré une inflation prévue de 2,2 % pour l’année prochaine.
Des prévisions d’inflation encourageantes, mais des nuances
Le projet de budget s’appuie sur les projections du ministère des Finances, qui anticipent une décélération de l’inflation. Celle-ci devrait s’établir à 2,8 % en 2025, puis à 2,2 % en 2026, contre 3,5 % actuellement sur une période de 12 mois. Cette baisse pourrait se traduire par une augmentation du pouvoir d’achat, à condition que les salaires suivent cette tendance.
Impacts contrastés pour les zones rurales et les étudiants
Cependant, ce plan comporte des aspects moins favorables pour certaines populations. La chaîne de télévision NRK a notamment mis en lumière des propositions qui pénaliseraient les jeunes parents des zones rurales. Il est ainsi envisagé de réduire le programme d’allègement de la dette étudiante pour les résidents de ces régions, et de supprimer la gratuité des traversées en ferry, ce qui engendrerait des coûts supplémentaires.
Les jeunes parents étudiants ne seraient pas non plus les grands bénéficiaires des réductions d’impôts prévues.
Réductions d’impôts : un effet mitigé selon les revenus
Le gouvernement propose également des réductions d’impôts visant à accroître le pouvoir d’achat de la majorité des ménages. Le taux de l’impôt sur le revenu serait légèrement abaissé, générant des économies allant de 200 couronnes (environ 18 euros) pour les revenus modestes à 2 000 couronnes (environ 180 euros) pour les plus aisés. Ceci serait rendu possible par une augmentation de la déduction minimale, c’est-à-dire le montant du salaire non imposable.
Néanmoins, la limite de 100 000 couronnes (environ 9 200 euros) de revenus non imposables resterait inchangée. Selon les médias financiers, cela pourrait entraîner une augmentation d’impôts pour les revenus les plus faibles, inférieurs à 177 000 couronnes (environ 16 250 euros) par an.
Le sort du programme d’allègement de la dette étudiante
Introduit en 2024, le dispositif visant à réduire la dette étudiante pour les personnes s’installant dans certaines municipalités rurales pourrait être significativement remanié. Ce programme permettait jusqu’à présent une annulation annuelle de 25 000 couronnes (environ 2 300 euros) de prêt étudiant, sans limitation de durée.
Le projet de budget propose de retirer 101 communes de ce dispositif. Pour les 88 municipalités restantes, considérées comme les plus isolées, l’annulation de la dette serait limitée à trois ans, au lieu d’une suppression complète.
À noter que, le gouvernement travailliste étant minoritaire, cette proposition devra encore être approuvée par ses partenaires au Parlement avant d’être définitivement adoptée.