Publié le 2025-10-17 17:55:00. Le Portugal s’apprête à interdire le port de vêtements dissimulant le visage dans l’espace public, suite à l’approbation d’un projet de loi porté par l’extrême droite. Cette mesure, saluée par le parti Chega, s’inscrit dans une mouvance européenne visant à contrer ce qu’ils qualifient de fondamentalisme islamique.
- Le Parlement portugais a approuvé une loi interdisant les vêtements qui cachent le visage dans les lieux publics.
- L’initiative a été lancée par le parti d’extrême droite Chega, avec le soutien de la majorité parlementaire de droite.
- Des sanctions allant de 200 à 4 000 euros sont prévues, bien que les partis de gauche et des organes consultatifs aient exprimé leur désaccord.
L’Assemblée de la République portugaise a franchi une étape décisive en approuvant, ce vendredi, un projet de loi visant à interdire le port de vêtements dissimulant entièrement le visage dans les lieux publics. Cette proposition, émanant de l’extrême droite, a reçu le soutien de l’ensemble des partis de droite, qui détiennent une majorité confortable au Parlement. Si des ajustements pourraient encore intervenir avant l’adoption définitive, le soutien de la coalition gouvernementale, dirigée par Luís Montenegro, assure le succès de cette mesure.
André Ventura, président et fondateur du parti Chega, a vivement réagi sur les réseaux sociaux, qualifiant ce vote de « jour historique pour notre démocratie et pour la défense de nos valeurs, de notre identité et des droits des femmes ». Bien que le texte législatif n’incrimine aucun vêtement de manière explicite, l’objectif de restreindre le port du voile intégral par certaines femmes musulmanes est clairement affiché. « Une femme obligée de porter une burqa ou une femme qui, en raison de sa culture, a été obligée de la porter, a cessé d’être une femme libre et indépendante et est devenue un objet », a déclaré M. Ventura devant les députés.
Le projet de loi portugais entend proscrire les vêtements dissimulant le visage non seulement dans la rue, mais aussi lors d’événements sportifs ou de manifestations. Des dérogations sont prévues pour les avions, les représentations diplomatiques et consulaires, ainsi que pour les lieux de culte ou pour des raisons médicales. Cette législation s’inspire de la loi française de 2010, pionnière en Europe dans l’interdiction de la burqa dans l’espace public. D’autres pays comme l’Autriche, la Belgique et le Danemark ont suivi, et l’Italie envisage également des mesures similaires.
Les contrevenants au Portugal s’exposeront à des amendes allant de 200 à 4 000 euros, la distinction étant faite entre les infractions commises par négligence et celles intentionnelles, ces dernières étant passibles des sanctions les plus lourdes. Les quatre partis de gauche, moins représentés au Parlement depuis les dernières élections, ont voté contre cette proposition. L’Ordre des Avocats et le Conseil Supérieur du Ministère Public avaient également rendu des avis défavorables, estimant que le texte pourrait porter atteinte aux libertés et droits constitutionnels, notamment en matière de liberté religieuse et en risquant de discriminer certaines confessions.