Publié le 2025-10-18 06:33:00. Une étude française révèle que certains patients immunodéprimés souffrant de COVID-19 nécessitent des traitements antiviraux prolongés ou répétés, mettant en lumière un risque accru chez des sous-groupes spécifiques et appelant à des stratégies personnalisées.
- Le remdesivir (RDV), traitement standard du COVID-19 hospitalisé, montre des limites chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli.
- Une cohorte de plus d’un million de patients a permis d’identifier des facteurs de risque précis pour ces traitements jugés insuffisants.
- Des maladies hématologiques malignes et certains traitements immunosuppresseurs figurent parmi les principaux facteurs prédictifs d’échec thérapeutique.
Le remdesivir, un antiviral couramment utilisé pour traiter les formes hospitalisées de COVID-19, se révèle moins efficace pour certains patients dont le système immunitaire est défaillant. Ces derniers peuvent nécessiter une nouvelle administration du traitement ou une thérapie antivirale plus longue. Cependant, les facteurs qui prédisent cette réponse insuffisante restaient mal définis jusqu’à présent.
Afin de mieux cerner ces risques, des chercheurs ont analysé les données de santé d’environ 11 millions de personnes. L’étude rétrospective a ciblé 1 067 patients adultes hospitalisés pour COVID-19, ayant reçu du remdesivir pendant plus de cinq jours entre juillet 2022 et juin 2023. Les critères d’évaluation retenus étaient soit le recours à un nouveau traitement antiviral dans les 90 jours suivant la première administration, soit la prolongation du traitement au-delà de dix jours.
Les résultats de cette vaste étude mettent en évidence une proportion significative de patients, soit 2,5 % (27 sur 1 067), nécessitant une réintervention ou une cure prolongée. L’analyse des caractéristiques de ces patients a permis de dégager plusieurs facteurs de risque majeurs. Les patients atteints de lymphome malin présentaient un risque de traitement répété ou prolongé multiplié par 17,3 par rapport aux autres. De même, l’hypogammaglobulinémie augmentait ce risque d’un facteur 15,9, et le myélome multiple d’un facteur 6,5.
L’étude souligne également l’impact de certains traitements immunosuppresseurs récents. Les patients ayant reçu des anticorps monoclonaux anti-CD20 dans l’année précédant l’étude présentaient un risque accru de 24,3 fois de nécessiter un traitement antiviral prolongé ou répété. L’utilisation de corticostéroïdes à forte dose (équivalent à plus de 20 mg de prednisolone par jour pendant plus de 21 jours) était associée à un risque multiplié par 10,6.
En conclusion, ces travaux identifient un groupe spécifique de patients immunodéprimés à haut risque d’infection persistante au COVID-19 malgré un traitement initial par remdesivir. L’identification précoce de ces individus et la mise en place de stratégies antivirales personnalisées apparaissent donc cruciales pour une prise en charge optimale.