Publié le 2025-10-18 10:46:00. Cinquante-neuf ressortissants sud-coréens, impliqués dans des escroqueries en ligne depuis le Cambodge, ont été rapatriés menottés. Cette opération s’inscrit dans un contexte de coopération renforcée entre la Corée du Sud et le Cambodge pour lutter contre la cybercriminalité.
- Un groupe de 59 Sud-Coréens a été interpellé et rapatrié, menotté, suite à leur implication présumée dans des escroqueries en ligne.
- Ces individus faisaient partie de réseaux de fraude opérant en Asie du Sud-Est, attirant ou forçant des personnes à participer à ces stratagèmes.
- Le rapatriement intervient après des discussions diplomatiques de haut niveau visant à intensifier la lutte contre la criminalité transnationale.
Le groupe est arrivé à l’aéroport d’Incheon samedi matin. Cette opération fait suite à l’envoi par la Corée du Sud d’une délégation au Cambodge pour aborder la question de ses ressortissants victimes d’enlèvements dans des centres de fraude. Selon les Nations Unies, ces centres auraient piégé environ 200 000 personnes à travers l’Asie du Sud-Est, certaines ayant été attirées par la promesse de postes bien rémunérés, d’autres ayant été contraintes d’y participer. Des responsables sud-coréens se sont rendus au Cambodge suite à des informations faisant état du décès d’un étudiant sud-coréen torturé dans le cadre d’un de ces stratagèmes, selon l’agence de presse Reuters.
Cinq autres Sud-Coréens ont également été expulsés pour d’autres infractions pénales. La majorité des membres du groupe ont été arrêtés lors d’une opération des autorités cambodgiennes, tandis que cinq se seraient rendus d’eux-mêmes, échappant ainsi au réseau, a rapporté la BBC Corée. Une fois arrivés à l’aéroport, ils ont été conduits aux commissariats de police pour les enquêtes nécessaires.
Les individus ont été interpellés à bord d’un vol affrété peu après l’embarquement. En vertu de la loi sud-coréenne, les avions d’une compagnie nationale sont considérés comme un territoire coréen, permettant aux forces de l’ordre d’exécuter des mandats d’arrêt.
Le conseiller à la sécurité nationale sud-coréen, Wi Sung-lac, a précisé que les rapatriés étaient impliqués dans ces escroqueries « volontairement et involontairement », ajoutant que la plupart d’entre eux « devraient être considérés comme ayant commis des actes criminels ».
Ce retour s’est déroulé en parallèle d’une diplomatie active en matière de cybercriminalité. Le Premier ministre cambodgien, Hun Manet, a annoncé sur les réseaux sociaux avoir rencontré un responsable sud-coréen pour discuter de la lutte contre la criminalité transnationale, « en particulier les escroqueries en ligne ». Il a affirmé que le Cambodge et la République de Corée renforceraient leur collaboration pour prévenir, réprimer et combattre plus efficacement ce type de fraude. Cet événement fait également suite à une opération du gouvernement américain contre un empire commercial cambodgien, soupçonné d’avoir mené une arnaque aux cryptomonnaies, ayant entraîné la saisie de plus de 14 milliards de dollars (environ 13 milliards d’euros) en bitcoin.
La fraude aux cryptomonnaies n’est qu’un des nombreux stratagèmes exécutés depuis des centres situés dans la région. Certains de ces centres sont spécialisés dans les fraudes sentimentales, où des escrocs se font passer pour des amants en ligne afin de détourner de l’argent. L’ONU estime que ces centres génèrent plusieurs milliards de dollars de revenus pour les groupes criminels chaque année.