Publié le 21 octobre 2025. Les familles de manifestants exécutés en Arabie saoudite n’auraient été informées de leur sort qu’après coup, souvent via les réseaux sociaux, sans pouvoir faire leurs adieux. Cette pratique soulève de vives inquiétudes chez les organisations de défense des droits humains et l’ONU.
- Abdullah al-Derazi, un citoyen saoudien, a été exécuté pour « terrorisme » dans la province orientale du pays.
- Il avait participé à des manifestations antigouvernementales en 2011, alors qu’il était encore mineur.
- Les experts de l’ONU avaient demandé sa libération, estimant sa détention arbitraire.
L’Arabie saoudite a exécuté Abdullah al-Derazi, un citoyen saoudien, dans la province orientale, a rapporté l’agence de presse saoudienne (SPA) lundi 20 octobre. La condamnation à mort, prononcée pour des faits qualifiés de « terrorisme », intervient après la participation d’al-Derazi à des manifestations antigouvernementales en 2011, lorsqu’il était encore mineur. Cette exécution a été le théâtre d’une absence totale de communication avec la famille du condamné, qui n’aurait appris la nouvelle que par le biais des réseaux sociaux, sans avoir eu l’occasion de lui dire adieu ni de récupérer son corps.
En avril dernier, des experts des Nations Unies avaient déjà alerté sur le cas d’Abdullah al-Derazi, demandant sa libération et dénonçant une détention arbitraire. Ils avaient souligné que sa protestation concernait le traitement réservé par le gouvernement saoudien à la minorité musulmane chiite. Amnesty International a confirmé que M. al-Derazi avait été reconnu coupable de terrorisme, aux côtés de huit autres personnes, pour sa participation aux mêmes manifestations de 2011. La Cour suprême saoudienne aurait secrètement confirmé sa condamnation, à l’instar de celle de Jalal al-Labbad, un autre jeune homme exécuté en août. Ces faits s’inscrivent dans un contexte de recours accru à la peine capitale en Arabie saoudite.
Selon les annonces officielles, plus de 300 personnes ont été exécutées en Arabie saoudite depuis le début de l’année 2025. L’année 2024 a vu 338 exécutions, un chiffre qui pourrait être dépassé cette année. Parmi les personnes exécutées, 33 sont liées à des infractions qualifiées de terrorisme et 202 à des crimes liés au trafic de drogue.