Bruxelles envisage une démarche audacieuse pour financer la reconstruction ukrainienne en utilisant les avoirs russes gelés, mais la Russie a d’ores et déjà averti des représailles potentielles. Une réunion clé de l’Union européenne est prévue ce jeudi pour discuter de ces questions épineuses.
- La Russie dénonce toute saisie de ses avoirs sans son consentement comme une violation du droit international et des traités en vigueur.
- Moscou promet une réponse « douloureuse » et réciproque à toute initiative de confiscation de la part de Bruxelles.
- L’Union européenne étudie la possibilité d’octroyer un prêt de réparation à l’Ukraine, potentiellement jusqu’à 185 milliards d’euros, financé par les fonds russes gelés.
La Commission européenne a récemment présenté un plan ambitieux visant à mobiliser les avoirs russes gelés pour financer la reconstruction de l’Ukraine. L’idée est que l’Ukraine puisse bénéficier d’un prêt de réparation pouvant atteindre 185 milliards d’euros (environ 4 500 milliards de couronnes). Cette initiative repose sur l’espoir que ces fonds seront remboursés par la Russie elle-même, une fois que celle-ci commencera à verser des réparations de guerre à l’Ukraine.
Cependant, ce projet suscite des dissensions au sein de l’Union européenne. Certains États membres expriment des réserves, soulevant des questions d’ordre technique et juridique. Le président du Conseil européen, António Costa, espère que le sommet à venir permettra de clarifier ces points sensibles et de dissiper les inquiétudes.
Dans ce contexte, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a vivement réagi. Selon l’agence d’État russe TASS, elle a déclaré :
« Toute action sur les avoirs russes sans le consentement de la Russie est invalide du point de vue du droit international et des traités. Il n’existe aucun moyen légal de saisir les fonds d’autrui sans nuire aux poches et au prestige de ceux qui les exproprient ».
Elle a ajouté que toute initiative de confiscation émanant de Bruxelles entraînerait « inévitablement une réponse douloureuse », Moscou agissant selon le principe de réciprocité et en fonction de ses propres intérêts.