Le géant des boissons gazeuses Coca-Cola a dévoilé des résultats financiers solides pour le troisième trimestre 2025, marquant une croissance de ses revenus nets et de son bénéfice brut. Ces performances s’inscrivent dans un contexte de reprise des ventes unitaires à l’échelle mondiale, particulièrement portées par les offres sans sucre.
La société a annoncé un chiffre d’affaires de 12,45 milliards de dollars pour le trimestre clos le 21 octobre, soit une augmentation de 5 % par rapport aux 11,85 milliards de dollars enregistrés à la même période en 2024. Le bénéfice brut a également progressé de 7 %, atteignant 7,65 milliards de dollars.
À l’échelle mondiale, le volume unitaire de caisses a affiché une croissance de 1 %. Cette progression est notamment due à un bond de 4 % sur les marchés de la région Europe, Moyen-Orient et Afrique. Les boissons sans sucre ont été le principal moteur de cette dynamique : Coca-Cola Zero Sugar a vu ses ventes unitaires grimper de 14 %, tandis que Diet Coke/Coca-Cola Light a progressé de 2 %.
Le marché nord-américain a quant à lui connu une stabilité en termes de volume unitaire. Si les boissons à base de thé, de café, de sport et d’eau ont enregistré une croissance, ce dynamisme a été contrebalancé par le déclin des ventes de Coca-Cola, des jus, des produits laitiers et des boissons végétales de la marque.
Face à ces résultats, le PDG de The Coca-Cola Company, James Quincey, a souligné la résilience de l’entreprise : « Bien que l’environnement général reste difficile, nous avons fait preuve de flexibilité, en adaptant nos plans si nécessaire et en investissant pour la croissance. » Il a ajouté : « En offrant un choix sur l’ensemble de notre portefeuille de boissons et en tirant parti des atouts uniques de notre modèle de franchise, nous gagnons du terrain et renforçons notre position de leader. Nous sommes convaincus que nous pouvons respecter nos prévisions pour 2025 tout en travaillant également pour atteindre nos objectifs à long terme. »
Sur le marché boursier, l’action Coca-Cola, qui avait clôturé à 68,44 dollars lundi, a terminé la journée de mardi – jour de la publication des résultats – à 71,22 dollars, enregistrant ainsi une hausse de plus de 4 %. Le titre évolue désormais proche de son plus haut annuel de 74,38 dollars atteint fin avril.
Ces chiffres contrastent avec ceux de son concurrent Pepsico, dont le volume des ventes de boissons a baissé de 1 % au troisième trimestre, selon ses propres résultats publiés le 9 octobre.
Vers un Coca-Cola au sucre de canne aux États-Unis
Par ailleurs, Coca-Cola a confirmé le lancement de versions de son célèbre soda au sucre de canne aux États-Unis. Cette décision fait suite à une déclaration de l’ancien président Donald Trump sur Truth Social en juillet, affirmant avoir discuté avec Coca-Cola de l’utilisation du « vrai sucre de canne » dans le Coca-Cola américain, et que l’entreprise avait accepté. La société a ensuite confirmé, quelques jours plus tard, qu’elle proposerait des variantes au sucre de canne dès l’automne.
Aux États-Unis, Coca-Cola utilise traditionnellement du sirop de maïs à haute teneur en fructose pour sucrer ses boissons, un ingrédient dont la consommation est associée à des problèmes de santé comme l’obésité. La version Diet Coke utilise quant à elle l’aspartame, un édulcorant artificiel.
En juillet également, le PDG de PepsiCo, Ramon Laguarta, avait évoqué la possibilité de remplacer le sirop de maïs à haute teneur en fructose comme édulcorant pour les boissons vendues aux États-Unis. Ces discussions interviennent dans un contexte où l’initiative « Make America Healthy Again » de l’administration Trump avait pointé du doigt la consommation d’aliments ultra-transformés, dont beaucoup contiennent du sirop de maïs à haute teneur en fructose, comme un facteur contribuant à l’augmentation des maladies chroniques infantiles.
La secrétaire à l’Agriculture avait alors signé plusieurs dérogations permettant aux États d’interdire l’utilisation des bons d’alimentation pour l’achat de sodas et autres boissons sucrées, une mesure susceptible d’impacter négativement Coca-Cola. En février, l’American Beverage Association avait mis en garde contre ces restrictions, dénonçant une réglementation qui traite les Américains comme des « citoyens de seconde zone, incapables de prendre leurs propres décisions en matière d’épicerie ».
L’association avait argué que les boissons n’étaient pas la seule cause de l’obésité et des maladies chroniques en Amérique, citant une baisse des calories des boissons par portion et une diminution des ventes de sodas caloriques, malgré une augmentation de l’obésité chez les adultes. L’association est présidée par William H. O’Brien, PDG de Reyes Coca-Cola Bottling, un embouteilleur et distributeur majeur de Coca-Cola aux États-Unis.
De plus, une étude publiée le 19 septembre dans la revue Nature Metabolism a révélé que la consommation de boissons sucrées pourrait augmenter le risque de propagation du cancer colorectal dans le corps.