Publié le 24 octobre 2025. En Australie, la lutte contre l’oïdium, une maladie fongique dévastatrice, pourrait bientôt s’affranchir des fongicides chimiques. Un projet de recherche de quatre ans, piloté par le Département des industries primaires du Queensland (QDPI) et cofinancé par Hort Innovation, explore l’utilisation de la lumière ultraviolette (UV) comme alternative écologique et économique.
- La lumière UV-C est étudiée comme une solution de remplacement des fongicides chimiques pour combattre l’oïdium.
- Le projet vise à réduire les coûts pour les producteurs et à améliorer la durabilité de l’agriculture.
- Des essais seront menés sur des cultures telles que les fraises, les poivrons, les cucurbitacées et les raisins de table.
Cette initiative ambitieuse s’inscrit dans une démarche de recherche de solutions durables pour l’agriculture. L’usage répété de fongicides chimiques peut en effet entraîner le développement de souches résistantes chez les champignons pathogènes, tout en représentant un coût non négligeable pour les agriculteurs contraints à des applications fréquentes. La lumière UV-C, en tant qu’approche non chimique, promet de favoriser des pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement, d’accroître la productivité et de minimiser les impacts négatifs sur les insectes bénéfiques et l’écosystème.
L’étude portera sur l’évaluation de la technologie UV-C dans diverses conditions, l’identification des doses optimales et la compréhension des mécanismes biologiques de tolérance aux UV chez les populations d’oïdium. L’objectif est de déterminer les paramètres d’application les plus efficaces pour un traitement performant.
Eduardo Barbosa, directeur Recherche et Développement chez Hort Innovation, souligne l’importance de cette recherche dans un contexte économique tendu : « À mesure que les prix augmentent, les producteurs cherchent des moyens de réduire leurs coûts et d’accroître leurs marges avec moins d’intrants. Cette technologie pourrait leur permettre de réaliser des économies substantielles à un moment où les dépenses sont les plus élevées. »
L’enjeu est de taille, particulièrement pour l’industrie australienne de la fraise. Selon le manuel des statistiques horticoles australiennes pour l’exercice 2023-2024, la production locale de fraises s’est élevée à 80 741 tonnes l’année dernière. Sans mesures de contrôle efficaces, il est estimé que plus de 24 000 tonnes (soit 30 % du rendement) pourraient être perdues chaque année à cause de l’oïdium.
Le projet bénéficiera de la collaboration de deux partenaires technologiques internationaux, qui fourniront des équipements de pointe pour les essais, incluant des systèmes robotisés et des dispositifs montés sur tracteur pour l’application de la lumière UV.
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