Publié le 2025-10-26 20:54:00. Un destroyer américain, l’USS Gravely, a jeté l’ancre à Trinité-et-Tobago pour des exercices militaires dans les Caraïbes, marquant un renforcement de la présence navale américaine dans la région, dans un contexte de tensions avec le Venezuela et de lutte contre le trafic de drogue.
- Le destroyer américain USS Gravely a accosté à Port d’Espagne, capitale de Trinité-et-Tobago, ce dimanche.
- Cette escale s’inscrit dans le cadre d’un déploiement naval plus large des États-Unis dans les Caraïbes.
- L’arrivée du navire suscite des réactions mitigées, entre soutien gouvernemental et inquiétudes d’anciens dirigeants régionaux.
L’USS Gravely, arrivé vers 9 heures du matin (heure locale), effectuera plusieurs jours d’exercices militaires. Cette présence navale s’accompagne de l’attente du 22e unité expéditionnaire de l’US Marine Corps. Le destroyer a été accueilli sous haute sécurité à un quai de la capitale trinidadienne. La situation géographique de Trinité-et-Tobago, à seulement onze kilomètres des côtes vénézuéliennes à son point le plus proche, confère à ce déploiement une dimension géopolitique particulière.
Du côté des autorités de Trinité-et-Tobago, le soutien à cette présence militaire est affiché. La Première ministre, Kamla Persad-Bissessar, a salué samedi le déploiement, affirmant que la visite de l’USS Gravely s’inscrivait dans le cadre d’une « collaboration sécuritaire constante dans la lutte contre la criminalité transnationale ». Elle a précisé que son pays restait un « État souverain, engagé en faveur de la paix et de la coopération ».
Cependant, des voix s’élèvent pour exprimer des préoccupations. Edward Moodie, vice-président de la Croix-Rouge de Trinité-et-Tobago, a souligné que la visite du destroyer mettait en évidence un « manque d’unité entre les agences civiles et militaires en période d’incertitude ». Il a ajouté : « Cette visite devrait renforcer la collaboration et non la confrontation. Notre objectif doit être de protéger des vies et de garantir que les efforts humanitaires et sécuritaires vont de pair. »
Ces exercices interviennent dans un contexte d’intensification des opérations américaines dans les Caraïbes, ordonnées par le président Donald Trump. Depuis plusieurs semaines, le Pentagone a renforcé sa présence militaire, notamment à Porto Rico, pour des opérations visant le trafic de drogue. Le vendredi précédent, le porte-avions USS Gerald Ford, le plus grand de la flotte américaine, avait été déployé dans la région. Ces manœuvres s’inscrivent dans un climat de tensions accrues avec le Venezuela, suite à des attaques militaires contre des navires soupçonnés de transporter de la drogue.
Au total, les États-Unis ont mobilisé navires militaires, sous-marins et avions de combat pour ces opérations anti-drogue. Ces actions ont conduit à la neutralisation de 43 embarcations suspectes de trafic de stupéfiants, tant dans les Caraïbes que dans le Pacifique, à travers dix opérations de bombardement.
L’USS Gravely et les autres troupes resteront à Trinité-et-Tobago jusqu’au 30 octobre, date à laquelle ils doivent poursuivre leur entraînement avec la Force de Défense locale, selon le ministère des Affaires étrangères trinidadien. Cette présence accrue de forces militaires américaines dans la région suscite toutefois l’inquiétude de dix anciens dirigeants de la Communauté des Caraïbes (Caricom). Ces personnalités, dont d’anciens Premiers ministres de Jamaïque, Sainte-Lucie, Belize, Antigua-et-Barbuda, Barbade, Dominique, Grenade, ont exprimé leur appréhension face à ce qu’ils considèrent comme une menace pour la sécurité et le bien-être des habitants des Caraïbes. Ils rappellent que la « zone de paix » a été codifiée et représente « la pierre angulaire de l’architecture de la souveraineté caribéenne ».