Un commentateur politique britannique, Sami Hamdi, directeur général de la société de conseil en risques et renseignement The International Interest, a été interpellé par les autorités américaines à l’aéroport international de San Francisco. Son visa a été révoqué et il est actuellement détenu par l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) en attente d’une expulsion, peu avant sa participation à une conférence en Floride.
Sami Hamdi, régulièrement invité sur les plateaux de télévision britanniques tels que Sky News en tant qu’analyste politique, était attendu dimanche pour s’exprimer lors d’un événement organisé par le Conseil sur les relations américano-islamiques (CAIR) en Floride. La veille, il avait déjà pris la parole lors d’un gala du CAIR en Californie.
Selon les déclarations des responsables de la sécurité intérieure américaine, cette décision fait suite à des allégations de soutien au terrorisme. Tricia McLaughlin, secrétaire adjointe au Département de la Sécurité intérieure, a déclaré : « Grâce au travail de [nom d’un responsable politique mentionné] et [nom d’un autre responsable politique mentionné], ainsi qu’aux hommes et femmes des forces de l’ordre, le visa de cet individu a été révoqué et il est détenu par l’ICE en attendant son expulsion. » Elle a ajouté : « Sous la présidence de [nom du président mentionné], ceux qui soutiennent le terrorisme et portent atteinte à la sécurité nationale américaine ne seront pas autorisés à travailler ou à visiter ce pays. C’est du bon sens. »
Sami Hamdi a formellement nié ces accusations, affirmant que ses propos concernant le conflit à Gaza avaient été sortis de leur contexte. Il soutient que ses interventions visaient à souligner « la reconnaissance internationale selon laquelle les efforts visant à normaliser les relations au Moyen-Orient doivent inclure la voix palestinienne ».
De son côté, le CAIR a vivement condamné la détention de M. Hamdi, la qualifiant de « politiquement motivée » et d’« atteinte à la liberté d’expression ». Dans un communiqué, l’organisation a accusé le gouvernement américain de détenir M. Hamdi « parce qu’il a osé critiquer » le gouvernement israélien concernant la guerre à Gaza. « Nos avocats et partenaires s’efforcent de remédier à cette injustice. Nous appelons l’ICE à rendre immédiatement des comptes et à libérer M. Hamdi, dont le « seul » crime est de critiquer un gouvernement étranger qui a commis un génocide. » Le CAIR exhorte la nation américaine à cesser de « retirer les critiques du gouvernement israélien à la demande des fanatiques déséquilibrés d’Israël First ».
Le ministère des Affaires étrangères britannique a confirmé être en contact avec la famille de Sami Hamdi et les autorités américaines. Un porte-parole a déclaré : « Nous sommes en contact avec la famille d’un Britannique détenu aux États-Unis et sommes en contact avec les autorités locales. »
M. Hamdi a déjà fait l’objet de critiques de la part de personnalités conservatrices américaines, qui avaient demandé son expulsion sous l’administration Trump. En octobre dernier, il avait été rapporté qu’il avait encouragé une mosquée de Londres à « célébrer la victoire » peu après l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre, qui avait causé la mort d’environ 1 200 personnes. Dans des propos rapportés, il aurait déclaré : « Nous plaignons un peuple qui a remporté une immense victoire depuis 1948. Ne les plaignez pas, ils ne veulent pas de votre pitié. » Il aurait également fait état de sentiments d’« euphorie » suite aux événements du 7 octobre.
Par ailleurs, M. Hamdi avait affirmé que les récits de violences sexuelles attribuées au Hamas avaient été « fabriqués par Israël ». Le Département d’État américain a rappelé avoir révoqué des milliers de visas à des personnes soupçonnées de liens avec des organisations terroristes, y compris le Hamas, dans le cadre d’une politique d’immigration plus stricte sous l’administration Trump. Cette politique incluait un contrôle renforcé des réseaux sociaux et l’expulsion de personnes ayant exprimé publiquement leur soutien à la cause palestinienne.
Les tournées de conférences de Sami Hamdi ont déjà rencontré des obstacles à l’étranger. L’année dernière, deux universités canadiennes avaient annulé ses interventions après que des préoccupations aient été soulevées concernant ses commentaires, jugés par un porte-parole de l’Université Concordia comme une « célébration de la violence » susceptible de créer une « culture d’intimidation ».
L’offensive israélienne à Gaza, déclenchée suite aux attaques du 7 octobre, a depuis entraîné la mort de dizaines de milliers de Palestiniens et dévasté une grande partie du territoire. Un cessez-le-feu reste en vigueur, malgré des informations faisant état d’affrontements et d’accusations de violations de part et d’autre.