Publié le 2025-10-27 17:39:00. Le ministre allemand des Affaires étrangères a appelé lundi à la désescalade dans le conflit commercial opposant l’Union européenne à la Chine, marqué par des restrictions d’exportation sur les minéraux critiques. Cette prise de position intervient alors que l’UE brandit la menace d’une riposte commerciale majeure.
« Nous aspirons à un dialogue soutenu avec la Chine », a affirmé Johann Wadephul, s’adressant aux journalistes à Bruxelles en marge de sa rencontre avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le commissaire au Commerce, Maroš Šefčovič.
Ces déclarations font suite aux menaces de la Commission européenne, formulées par sa présidente deux jours plus tôt à Berlin. Ursula von der Leyen avait alors indiqué que l’exécutif européen était « prêt à utiliser tous les instruments de notre boîte à outils » pour réagir à l’annonce par Pékin de contrôles drastiques sur les exportations de terres rares. Cette mesure chinoise, dévoilée en début de mois, avait été largement interprétée comme une réponse directe à l’arsenal commercial européen.
Parmi les outils potentiels évoqués figure l’« instrument anti-coercition », surnommé le « bazooka commercial ». Ce dispositif, dont l’UE a vanté le potentiel, permettrait à Bruxelles de cibler des services, d’imposer des restrictions d’investissement ou encore de suspendre des licences d’entreprises. Le président français Emmanuel Macron aurait également suggéré son utilisation lors d’un récent sommet des dirigeants européens à Bruxelles, selon des sources diplomatiques.
La Chine domine largement l’approvisionnement mondial en terres rares, assurant 70 % de l’extraction et 90 % du raffinage. Ces minéraux sont essentiels à la fabrication de nombreuses technologies de pointe, allant des smartphones et véhicules électriques aux avions de combat.
Les propos du ministre allemand interviennent également après l’annulation brutale d’un déplacement à Pékin la semaine dernière. Cette décision a été perçue par certains comme un nouvel indicateur des tensions croissantes entre l’UE et la Chine, déjà marquées par l’énorme excédent commercial de Pékin et ses liens étroits avec la Russie.
La Chine demeure le premier partenaire commercial de l’Allemagne, avec des échanges bilatéraux atteignant 163 milliards d’euros entre janvier et août de cette année.
Johann Wadephul a souligné sa volonté de trouver des « solutions durables » pour garantir l’accès des entreprises européennes aux matières premières critiques. « Il en va de rien de moins que de la puissance économique, de la prospérité et de la force d’innovation de notre continent », a-t-il déclaré.
De son côté, la Chine a également cherché à apaiser les tensions avec Berlin. Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a mis en avant la relation « mutuellement bénéfique » entre les deux pays, comme rapporté par le média d’État Global Times.