Publié le 2025-10-29 08:44:00. Une étude récente sur des joueurs de badminton de haut niveau révèle que les vainqueurs de sets fournissent généralement moins d’efforts physiques. Cependant, dans les matchs serrés, l’intensité des mouvements sur le terrain devient un facteur déterminant crucial.
- Les joueurs gagnants en simple messieurs ont montré une charge globale inférieure, parcourant moins de distance et effectuant moins d’efforts explosifs.
- Cette tendance s’inverse lorsque l’écart de points est faible (0 à 5), où les vainqueurs déploient plus d’efforts intenses.
- À mesure que l’écart de score s’agrandit, les vainqueurs réduisent leur charge physique et leurs mouvements explosifs.
La quantification de la charge externe via des variables cinématiques issues de dispositifs inertiels offre un éclairage précieux sur la performance des athlètes. Dans le cadre de cette recherche, les chercheurs ont analysé ces métriques lors de matchs de badminton en simple messieurs, en distinguant les joueurs selon qu’ils aient remporté ou perdu un set, et en considérant différents écarts de score (0-5, 6-10, et plus de 10 points).
Pour ce faire, des données ont été collectées auprès de 18 joueurs d’élite sur 110 sets. L’équipement utilisé comprenait des unités micro-technologiques Catapult Vector S7, intégrant un accéléromètre, un gyroscope et un magnétomètre fonctionnant à une fréquence de 100 Hz.
Les résultats de l’analyse ont révélé que les joueurs qui remportaient les sets présentaient une charge de joueur globalement moindre. En moyenne, la différence estimée (ED) indiquait une réduction significative de la charge (-14,1, avec un intervalle de confiance à 95 % allant de -26,20 à -1,78, et une probabilité de 0,023). Ils ont également parcouru une distance inférieure (ED = -134,84 ; IC 95 % [-248,99, -17,01] ; p = 0,02) et ont accompli moins d’efforts explosifs (définis comme la somme des accélérations, décélérations et changements de direction de haute intensité, ou COD). L’ED pour ces efforts était de -19,75 (IC 95 % [-31,85, -7,33] ; p = 0,002) pour les efforts explosifs, de -21,02 (IC 95 % [-34,18, -7,67] ; p = 0,003) pour les COD, et de -7,03 (IC 95 % [-13,16, -0,73] ; p = 0,03) pour les accélérations, par rapport aux perdants.
Un point notable de cette étude est la variation de ces performances en fonction de l’écart de score. Lorsque les matchs étaient serrés (écart de 0 à 5 points), les gagnants du set déployaient en réalité plus d’efforts explosifs et de COD que leurs adversaires (p ajusté = 0,0412 et 0,0499, respectivement). Cependant, cette dynamique s’inversait lorsque l’écart de points s’élargissait. Pour des écarts de 6 à 10 points, et au-delà de 10 points, les vainqueurs montraient une diminution de leurs efforts explosifs et de leurs COD (tous ajustés p < 0,05). De plus, dans les situations où l'écart dépassait les 10 points, les joueurs victorieux affichaient une charge globale réduite, parcouraient moins de distance et effectuaient moins de COD du côté droit (tous ajustés p < 0,05).
Ces constatations suggèrent que, dans l’ensemble, les joueurs victorieux en simple de badminton tendent à gérer leur charge externe de manière plus efficace. Toutefois, lorsque la compétition est plus équilibrée et que les adversaires sont au coude-à-coude, la manière dont les mouvements sont exécutés sur le terrain semble jouer un rôle prépondérant dans la détermination du résultat final.