Home International Trump et Xi se rencontrent en Corée du Sud pour tenter une trêve commerciale dans un contexte de tensions mondiales croissantes

Trump et Xi se rencontrent en Corée du Sud pour tenter une trêve commerciale dans un contexte de tensions mondiales croissantes

0 comments 59 views

Un sommet sous haute tension : Trump et Xi tentent de désamorcer la guerre commerciale

À Busan, en Corée du Sud, les dirigeants des deux plus grandes puissances économiques mondiales, Donald Trump et Xi Jinping, se sont rencontrés jeudi dans l’espoir de stabiliser des relations tendues par des mois de différends commerciaux. La réunion, qui a duré un peu plus de deux heures, a offert une opportunité de dialogue dans un contexte marqué par l’escalade des tarifs douaniers et des mesures de rétorsion.

Face à une économie mondiale vacillante, Donald Trump et Xi Jinping étaient sous pression pour éviter une rupture totale. L’objectif : trouver un terrain d’entente avant que les tensions ne deviennent ingérables. « Nous allons avoir une réunion très réussie, je n’en doute pas », avait déclaré Trump avant la rencontre, reconnaissant au passage que son homologue chinois était un « négociateur très coriace ». Pour sa part, Xi Jinping a souligné la volonté de coopérer malgré les divergences inévitables entre deux géants économiques. « Compte tenu de nos différentes conditions nationales, nous ne sommes pas toujours d’accord les uns avec les autres », a-t-il affirmé, par le biais d’un traducteur. « Il est normal que les deux principales économies du monde connaissent des frictions de temps en temps. »

L’agence de presse chinoise Xinhua a rapporté que Xi Jinping avait qualifié ces désaccords d’« inévitables ». Après la rencontre, le président chinois a déclaré que les équipes économiques et commerciales des deux pays avaient eu des échanges « approfondis sur d’importantes questions économiques et commerciales et sont parvenues à un consensus pour les résoudre ». Il a ajouté que les équipes devaient désormais « affiner et finaliser le travail de suivi dès que possible, maintenir et mettre en œuvre le consensus et fournir des résultats tangibles pour rassurer les esprits sur les économies de la Chine, des États-Unis et du monde ».

Dans les jours précédant le sommet, des signaux encourageants avaient émergé. Les responsables américains avaient suggéré que le président Trump pourrait renoncer à menacer d’une taxe d’importation de 100 % sur les produits chinois. De leur côté, les autorités chinoises semblaient disposées à assouplir leurs contrôles à l’exportation sur les terres rares et à reprendre leurs achats de soja américain.

La rencontre s’est déroulée dans un cadre plus discret qu’à l’accoutumée, au sein d’un petit bâtiment gris au toit bleu sur une base militaire adjacente à l’aéroport international de Busan. L’hélicoptère de Donald Trump s’y est posé vers 10 h 17, heure locale, suivi d’un avion d’Air China une dizaine de minutes plus tard. Les discussions, qui ont duré un peu plus de 100 minutes, se sont conclues par des échanges brefs et une nouvelle poignée de main devant les caméras.

Les préparatifs de cette rencontre avaient été menés en amont à Kuala Lumpur, où les négociateurs avaient déjà évoqué un « consensus préliminaire », qualifié de « cadre très réussi » par le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent. Trump avait lui-même indiqué, lors de son vol vers la Corée du Sud, qu’il pourrait réduire les tarifs douaniers imposés à la Chine en lien avec la production de fentanyl, déclarant : « Je m’attends à réduire ce chiffre parce que je crois qu’ils vont nous aider à résoudre le problème du fentanyl ». Il avait également affirmé que « les relations avec la Chine sont très bonnes ».

L’annonce de Trump qualifiant cette réunion de « G2 » soulignait la reconnaissance mutuelle du statut de deux plus grandes économies mondiales, distinctes des forums multilatéraux comme le G7 ou le G20.

Malgré cette détente attendue, qui a suscité un regain d’optimisme sur les marchés boursiers américains, la rivalité de fond entre les deux nations reste palpable. La compétition pour la domination industrielle, le développement des technologies de pointe comme l’intelligence artificielle et l’influence sur les affaires mondiales, y compris le dossier de la guerre en Ukraine, continuent de façonner une trajectoire potentiellement collisionnelle. Donald Trump a d’ailleurs précisé que Taïwan n’avait « jamais été évoqué » lors de la conversation.

Selon Craig Singleton, directeur principal du programme Chine à la Fondation pour la défense des démocraties, l’accord proposé s’inscrit dans un schéma récurrent : « une stabilisation à court terme déguisée en progrès stratégique ». Il estime que « les deux parties gèrent la volatilité, en calibrant juste ce qu’il faut de coopération pour éviter la crise tandis que la rivalité plus profonde perdure ».

Les deux pays disposent de leviers de pression. Pour les États-Unis, il s’agit des tarifs douaniers, y compris ceux liés à la production de fentanyl. La Chine, de son côté, détient un atout majeur : elle est le premier producteur et transformateur de minerais de terres rares, essentiels à de nombreuses industries de haute technologie. Ses restrictions à l’exportation de ces minerais, renforcées récemment, s’inscrivent dans un cycle familier de concessions temporaires suivies de nouvelles pressions.

À l’issue de leur rencontre, Donald Trump devait retourner à Washington, tandis que Xi Jinping resterait en Corée du Sud pour le sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique. Pour Jay Truesdale, ancien responsable du Département d’État, Xi Jinping pourrait y voir une opportunité de positionner la Chine comme un partenaire fiable et de renforcer ses liens avec des pays lassés par les politiques tarifaires américaines.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.