Home International La Russie a dépassé l’Occident. La nouvelle arme peut frapper bien au-delà de la ligne de front

La Russie a dépassé l’Occident. La nouvelle arme peut frapper bien au-delà de la ligne de front

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Publié le 2025-10-30 09:51:00. La Russie déploie de nouvelles bombes planantes guidées, les KAB, pour frapper des zones civiles ukrainiennes jusqu’alors épargnées, élargissant ainsi son rayon d’action bien au-delà des lignes de front. Cette stratégie, bien que coûteuse, semble viser à accroître la pression sur la population et les infrastructures stratégiques.

  • La Russie utilise des bombes planantes KAB modernisées pour frapper des villes ukrainiennes situées à des centaines de kilomètres du front.
  • Ces armes, dotées de systèmes de guidage et d’une portée accrue, rendent plus difficiles les défenses aériennes ukrainiennes.
  • Les experts estiment que cette tactique vise davantage à terroriser la population civile qu’à gagner des batailles décisives sur le champ de guerre.

La semaine dernière, des frappes de ces nouvelles armes, notamment des bombes UMPB-5R, ont visé Mykolaïv, Poltava et la ville de Lozova, dans la région de Kharkiv, située à environ 150 kilomètres des combats. Une de ces bombes a touché un quartier résidentiel à Lozova, causant des blessures parmi les civils et détruisant plusieurs habitations. Des informations suggèrent qu’Odessa, port stratégique sur la mer Noire, aurait également été ciblée par cette munition ce week-end.

Qu’est-ce qu’une bombe KAB ?

Les bombes KAB, pour « Korrigirouyemaya Aviatsionnaya Bomba » (bombe aérienne corrigée), sont des munitions guidées russes. Elles sont équipées de dispositifs permettant le vol plané sur plusieurs dizaines de kilomètres avant l’impact, grâce à des systèmes de ciblage GPS, laser ou infrarouge. Cette capacité permet aux avions de lancer l’attaque à une distance de sécurité accrue, minimisant ainsi les risques face aux défenses antiaériennes.

Les charges utiles de ces bombes varient, allant de 300 kilogrammes à 1,5 tonne, leur conférant une puissance destructrice capable de raser des immeubles entiers. Initialement, l’armée russe s’était appuyée sur des stocks de bombes FAB de l’ère soviétique. Cependant, leur largage direct au-dessus des cibles représentait un danger trop important face aux systèmes de défense ukrainiens. La solution trouvée a été l’ajout d’un module d’extension et de correction (UMPK), transformant ces engins en munitions planantes.

Une génération plus récente de KAB, produites en série, verrait sa portée portée à 200 kilomètres. À titre comparatif, les bombes guidées américaines GBU atteignent environ 70 kilomètres, et les Hammer françaises, environ 72 kilomètres.

Une adaptation tactique face à un échec stratégique

Selon les analystes, l’utilisation de ces bombes illustre l’incapacité de la Russie à établir une suprématie aérienne totale au-dessus de l’Ukraine. En opérant à longue distance, les avions russes se soustraient aux défenses antiaériennes, mais le coût unitaire de chaque frappe s’en trouve accru.

Ce cycle d’innovation et de contre-mesure est typique des conflits modernes. La Russie développe de nouvelles méthodes d’attaque, tandis que l’Ukraine cherche et trouve des solutions défensives, créant une course aux armements tactiques. Toutefois, comme le souligne l’expert en aviation Konstantyn Kryvolap, au-delà des destructions matérielles et de la détresse psychologique infligée aux civils, ces bombardements n’apportent pas de changement fondamental dans la dynamique des combats sur le terrain.

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