Publié le 30 octobre 2025 à 09:58. La comète interstellaire 3I/ATLAS, détectée en juillet 2025, a atteint son point le plus proche du Soleil le 29 octobre, suscitant un vif intérêt scientifique. Ce visiteur cosmique, originaire d’un autre système stellaire, offre une opportunité unique d’étudier la composition et l’évolution d’objets formés dans des environnements différents du nôtre.
- 3I/ATLAS est le troisième objet interstellaire confirmé à traverser notre système solaire.
- Sa trajectoire hyperbolique et sa vitesse élevée (plus de 220 000 km/h) attestent de son origine extrSolaire.
- Des observations spectroscopiques révèlent une composition riche en composés volatils et potentiellement en matières organiques.
Découverte en juillet 2025 par le système ATLAS au Chili, la comète 3I/ATLAS est rapidement devenue un sujet de fascination pour la communauté astronomique internationale. Son passage à proximité du Soleil, survenu le 29 octobre 2025, a marqué une étape clé dans son observation. Cet objet céleste se distingue par son identité d’intrus cosmique : il s’agit du troisième grand objet interstellaire, après « Oumuamua » en 2017 et « Borisov » en 2019, à avoir été identifié au sein de notre système solaire.
Ce qui rend 3I/ATLAS particulièrement remarquable est sa trajectoire résolument hyperbolique, signe qu’il n’appartient pas à notre système solaire mais provient d’un lointain environnement stellaire. Sa vitesse impressionnante, approchant les 220 000 km/h lors de son approche, en fait l’une des comètes les plus rapides jamais enregistrées par les astronomes.
Le périhélie : une fenêtre sur la composition de la comète
Le 29 octobre 2025, 3I/ATLAS a franchi son périhélie, atteignant son point d’orbite le plus proche du Soleil à une distance d’environ 203 millions de kilomètres. Cet événement a été suivi de près par les principales agences spatiales, dont la NASA et l’Agence Spatiale Européenne (ESA). Le passage rapproché a permis l’observation de la sublimation intense de la glace en surface, donnant naissance à une queue et une chevelure (coma) visibles par les instruments scientifiques. Ces phénomènes sont cruciaux pour comprendre la composition interne de la comète.
Durant son transit, 3I/ATLAS a présenté une activité inhabituelle. Une diminution de sa teneur en eau et une proportion plus élevée de carbone suggèrent une formation dans un environnement extrêmement froid, distinct de celui de la ceinture de Kuiper, région où se trouvent de nombreux corps glacés du système solaire. Des analyses spectroscopiques menées par le télescope spatial James Webb ont confirmé la présence de gaz tels que le dioxyde de carbone et l’ammoniac, offrant des pistes précieuses pour étudier sa chimie détaillée.
Origine et caractéristiques physiques sous la loupe
Les estimations basées sur les observations des télescopes spatiaux placent le noyau de 3I/ATLAS dans une fourchette de taille comprise entre 0,3 et 1 kilomètre de diamètre, bien que certaines hypothèses suggèrent une dimension potentiellement plus importante, atteignant environ 5 kilomètres. Son orbite présente une inclinaison quasi rétrograde par rapport à l’écliptique, ce qui oriente les recherches vers une origine dans le disque galactique épais, au-delà du plan orbital de notre système solaire.
En tant qu’objet originaire d’un autre système stellaire, 3I/ATLAS est un témoin privilégié des processus de formation et d’évolution planétaire dans d’autres régions de la galaxie. Sa structure et sa composition chimique sont susceptibles d’apporter des éclaircissements sur la diversité des environnements stellaires et la présence potentielle de matières organiques et de processus de formation planétaire dans des systèmes lointains.
Spéculations et débats sur la nature de 3I/ATLAS
La nature de 3I/ATLAS a également donné lieu à des spéculations. Certains astronomes, à l’instar d’Avi Loeb de l’Université Harvard, ont avancé l’hypothèse que cet objet pourrait être un vaisseau spatial interstellaire artificiel, plutôt qu’un corps céleste naturel. Cette théorie repose sur des comportements et une composition jugés particulièrement inhabituels.
Bien que cette interprétation ne fasse pas encore consensus au sein de la communauté scientifique, elle a ravivé le débat sur la possibilité de détecter des signes de technologie extraterrestre parmi les objets interstellaires visitant notre système solaire.
La trajectoire future de 3I/ATLAS
Après avoir atteint son périhélie, 3I/ATLAS a entamé son éloignement du Soleil, maintenant des vitesses avoisinant les 210 000 km/h. La comète poursuivra son voyage à travers l’espace interstellaire, quittant définitivement notre système solaire. La communauté scientifique continue de suivre attentivement cet objet afin de recueillir des données déterminantes pour affiner la compréhension de son origine, de sa structure et de sa composition chimique.
Les observations de 3I/ATLAS se poursuivront dans les mois à venir, mobilisant des télescopes terrestres et spatiaux, dont le James Webb. Ce dernier réalisera des spectroscopies afin de détecter la présence de composés volatils et solides dans la chevelure de la comète.