EAGAN, Minnesota – Le mystère J.J. McCarthy prend fin : après une blessure et une période d’observation prolongée, le jeune quarterback des Vikings du Minnesota est sur le point de faire son retour sur le terrain, confronté à des attentes élevées et à des questions persistantes sur son potentiel.
C’est donc le moment de la vérité pour J.J. McCarthy. Le jeune prodige, drafté par les Vikings du Minnesota, avait à peine eu le temps de montrer ce dont il était capable en début de saison. Deux maigres apparitions, ponctuées d’un quart-temps prometteur mais entachées de sept autres jugés fragiles, avaient suffi à faire naître un débat houleux au sein de la franchise et chez les observateurs : McCarthy était-il prêt à endosser le rôle de titulaire ? Cette blessure à la cheville droite, survenue précocement, l’a tenu éloigné des terrains pendant cinq rencontres cruciales, laissant planer le doute sur son expérience face aux exigences de la NFL.
Pendant son absence, les spéculations ont fusé. Certains ont suggéré que les Vikings auraient dû conserver leur quarterback de 2024, Sam Darnold, opter pour Daniel Jones, arrivé en fin d’année, ou même tenter l’acquisition d’un vétéran comme Aaron Rodgers. Les statistiques initiales de McCarthy ne plaidaient pas en sa faveur : avec un QBR de 20,3, il se classait au 32ème rang sur 33 quarterbacks qualifiés, une performance décevante pour un choix de première ronde.
La franchise elle-même a semblé exprimer ses doutes, n’autorisant le retour de McCarthy qu’une fois sa guérison complète, une décision du coach Kevin O’Connell suggérant que le jeune joueur n’était pas encore en mesure de surmonter les difficultés tout en apprenant sur le tas. Après trois semaines sans entraînement, une reprise progressive pendant la période de repos de l’équipe et deux semaines en tant que quarterback d’urgence n°3, McCarthy se retrouve désormais devant une nouvelle opportunité. Cette mission, qui incombera à Carson Wentz jusqu’à sa blessure à l’épaule gauche nécessitant une opération, voit McCarthy revenir en première ligne.
Alors qu’il aborde cette nouvelle phase, McCarthy la décrit comme « une petite remise à zéro, mais venant simplement d’un point de vue différent ». Cinq points clés façonneront son évolution dans les semaines à venir, à commencer par le match de dimanche contre les Lions de Détroit.
Rester sur le terrain : la clé de voûte
L’élément le plus crucial pour le développement de McCarthy est désormais l’accumulation de répétitions, tant à l’entraînement qu’en match. Son parcours jusqu’à présent a été jalonné d’embûches : la blessure à la cheville, ainsi qu’une déchirure du ménisque au genou droit qui lui a coûté toute sa saison recrue, l’ont privé de 23 des 25 matchs possibles, y compris les séries éliminatoires. Depuis sa sélection en tant que 10ème choix du repêchage de 2024, il n’a participé qu’à deux semaines complètes d’entraînement en saison régulière. Avec seulement 41 passes tentées et 95 snaps offensifs à son actif, McCarthy accuse un retard considérable par rapport à ses homologues du repêchage de 2024. Les cinq autres quarterbacks sélectionnés au premier tour ont lancé au moins 300 passes chacun, avec une moyenne collective de 625. Même Spencer Rattler, sélectionné au cinquième tour, a lancé 484 fois. Sur les 62 quarterbacks de la NFL ayant lancé des passes depuis le début de 2024, McCarthy est celui qui en a lancé le moins.
Il est cependant important de noter que McCarthy, âgé de 22 ans et neuf mois, est l’un des plus jeunes parmi ce groupe. Seul Jaxson Fléchette des New York Giants est comparable en âge. L’horloge de McCarthy ne fait que commencer à tourner, et pour atteindre le potentiel espéré par les Vikings, il doit impérativement jouer, et beaucoup.
Limiter les contacts : une stratégie de survie
Pour augmenter ses chances de rester sur le terrain, McCarthy devra impérativement réduire le nombre de coups encaissés face aux défenses adverses. Ses deux blessures, lors de la deuxième semaine contre les Falcons d’Atlanta et lors de la pré-saison 2024 contre les Raiders de Las Vegas, sont survenues lorsqu’il a quitté la poche sous la pression. Si les Vikings ne veulent pas le priver d’une arme offensive essentielle, ils souhaitent qu’il apprenne à se protéger, notamment en glissant. McCarthy a été victime de neuf sacks en 75 actions de passe lors de ses deux premiers départs, soit un taux de 16,7%, l’un des plus élevés de la ligue. Il convient de noter qu’il a joué ces matchs sans son tackle gauche, Christian Darrisaw, alors en phase de convalescence. Globalement, McCarthy a absorbé un taux de contact de 32,3%, le plaçant au quatrième rang des quarterbacks les plus exposés aux coups. Une telle exposition répétée n’est pas compatible avec une longue carrière.
Se défaire du ballon : accélérer le tempo
Une autre manière d’éviter les coups en poche est de se séparer du ballon plus rapidement. Lors de ses deux premières titularisations, McCarthy a mis en moyenne 3,15 secondes avant de lancer, un temps de possession du ballon parmi les plus longs de la ligue. Bien qu’il ne soit pas toujours entièrement responsable de ces délais, il est important de rappeler qu’il a joué ces rencontres sans son receveur n°2, Jordan Addison, alors suspendu. Addison avait pourtant développé une belle connexion avec McCarthy durant la pré-saison. À titre de comparaison, Carson Wentz a fait preuve d’une plus grande rapidité, lançant le ballon en moyenne 2,71 secondes après réception. McCarthy lui-même a constaté cette différence. « [McCarthy] m’a fait plusieurs commentaires tout au long de sa rééducation, a confié O’Connell, sur le fait de pouvoir observer Carson jouer à ce poste, de le voir évoluer dans notre attaque et de constater comment il a su distribuer le ballon, le sortir rapidement de ses mains, et l’effet positif que cela a eu sur l’offensive à tous égards. »
Précision : un travail de fond
Malgré sa confiance affichée en camp d’entraînement, le considérant comme « l’un des gars les plus précis au monde », la précision de McCarthy n’a pas été immédiatement évidente ni durant la pré-saison, ni lors de ses deux premiers matchs. Son pourcentage de passes complétées, de 58,5%, le place au neuvième rang des quarterbacks les moins précis. Si tous les échecs ne lui sont pas imputables – les receveurs des Vikings sont responsables de trois ballons lâchés sur ses 41 tentatives, un taux de 7,3% – son taux de passes mal ajustées, qu’elles soient hors cible ou non, s’élève à 14,6%, le classant au 22ème rang de la ligue. Les entraîneurs estiment que les problèmes résident principalement dans le jeu de jambes et les fondamentaux. O’Connell et l’entraîneur des quarterbacks, Josh McCown, ont donc mis en place des exercices spécifiques durant la semaine de repos pour corriger le timing et le rythme de ses mouvements.
Énergie : un moteur contagieux
Depuis sa sélection, l’énergie de McCarthy est son attribut le plus marquant. Le receveur Justin Jefferson a décrit sa « mentalité de pitbull », un trait de caractère contagieux témoignant de sa compétitivité et de sa positivité sans faille. Greg Holcomb, son entraîneur privé de longue date, avait déclaré cet été : « Il est presque trop heureux parfois. Cela peut presque sembler arrogant. » Cette énergie s’est manifestée lors du quatrième quart-temps du match contre les Bears, propulsant l’élan de l’équipe. O’Connell a souligné qu’il avait su « porter cet élan dans le vestiaire, ce qui a été un moment assez important pour un jeune joueur lors de son premier départ. » McCarthy devra maintenir cette flamme tout au long d’une période qui s’annonce difficile pour l’équipe. Les Vikings affronteront le calendrier restant le plus relevé de la NFL, et le Football Power Index (FPI) d’ESPN ne leur prédit qu’une seule victoire supplémentaire – celle face aux Bears lors de la 11ème semaine. McCarthy, qui a remporté 64 de ses 68 départs depuis le lycée, pourrait bien égaler ce total de défaites, même si les Vikings dépassent les pronostics dans les trois prochains mois.