Publié le 2025-11-05 17:43:00. Radiohead entame une tournée sans nouveau répertoire, une première en trente ans, marquant une pause inédite pour le groupe, traditionnellement synonyme d’innovation. Cette période de réflexion s’accompagne de tensions internes et d’une controverse persistante concernant leur position sur le conflit israélo-palestinien.
- Le groupe britannique n’a pas sorti d’album studio depuis près d’une décennie.
- Des divergences internes, incluant le souhait d’un membre de quitter le groupe, ont été révélées.
- Radiohead fait face à des appels au boycott pour son silence présumé face au conflit israélo-palestinien.
Alors que Radiohead débute sa tournée mondiale, le groupe se trouve dans une situation singulière, pour ne pas dire inédite. Trente ans après la sortie de leur premier album, la formation britannique se produit sans aucun matériel nouveau ou récent. Ce retour aux affaires, après une longue période d’inactivité discographique – près de dix ans se sont écoulés depuis leur dernier opus, et seulement deux albums studio ont vu le jour depuis In Rainbows, paru en 2007 –, semble marquer un temps d’arrêt pour un groupe qui a toujours cultivé l’avant-garde et le mouvement perpétuel.
Une récente interview accordée au Sunday Times a confirmé cette impression d’incertitude. Les musiciens ont admis l’absence de nouvelles compositions et l’absence de projets immédiats pour en enregistrer, laissant planer le doute sur l’avenir du groupe au-delà de cette tournée. Ed O’Brien, l’un des guitaristes, a même confié avoir envisagé de quitter la formation, avouant que certains membres ne se parlaient plus depuis des années. Conséquence directe, et jamais vue auparavant, le groupe se produira avec des loges séparées.
Parallèlement, Radiohead reste sous le feu des critiques concernant sa position sur le conflit israélo-palestinien. Le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) a appelé au boycott des concerts, dénonçant le « silence complice » du groupe et les collaborations continues de Jonny Greenwood avec Dudu Tassa. BDS reproche à ce dernier d’avoir joué pour des membres des Forces de défense israéliennes (FDI), qualifiées de « génocidaires ». Fait notable et ironique, The Guardian a rapporté, après avoir couvert l’appel au boycott, que ses journalistes se sont vu refuser des accréditations pour la soirée d’ouverture à Madrid. Une décision qui résonne étrangement avec les prises de position publiques du groupe en faveur de la liberté d’expression et contre la censure.
Cette conjonction de facteurs – pause créative, tensions internes, controverse politique – ne dessine pas le portrait d’un groupe à son apogée. La scénographie de la tournée, centrée sur une petite scène circulaire, pourrait symboliser une tentative de resserrer les liens et de retrouver une forme d’ancrage collectif. Paradoxalement, l’ambiance lors de la soirée d’ouverture à Madrid était empreinte de joie, sans aucune manifestation observée en amont ou sur place.
L’incertitude régnait quant au contenu du concert. Les répétitions, les premières depuis des années, ont débuté par une lecture intégrale et consécutive de leurs albums, des Bends jusqu’à la fin. La setlist, d’une longueur impressionnante de 65 titres, est amenée à évoluer constamment. Ce retour en arrière, une première pour le groupe qui explore son répertoire passé comme pour composer un « best-of », laisse également la porte ouverte à des choix plus audacieux : plonger dans les faces B, les inédits, ou des titres moins connus. À la manière de Radiohead, le résultat promet d’être, une fois de plus, singulier.