Publié le 2025-11-05. La Chine, qui doit accueillir le sommet de l’APEC en 2026 à Shenzhen, est accusée par Taïwan d’avoir rompu sa parole concernant les conditions de participation de l’île. Pékin dément et réaffirme que toute participation doit se conformer au principe d’une seule Chine.
- Taïwan dénonce un changement de pied de la Chine qui a « ajouté de nombreuses conditions » à sa participation au prochain sommet de l’APEC.
- Pékin avait pourtant promis l’année dernière une « participation égale » et la garantie de la sécurité des délégués taïwanais.
- La Chine insiste sur le respect du principe « une seule Chine », que Taïwan rejette.
Le ministre taïwanais des Affaires étrangères, Lin Chia-lung, a affirmé mercredi que la Chine avait trahi un engagement pris lors du sommet de l’APEC de l’année précédente au Pérou. À l’époque, alors que Pékin négociait pour obtenir l’organisation du sommet 2026, il avait été convenu par écrit que Taïwan bénéficierait d’une « participation égale », avec une attention particulière portée à la sécurité de ses représentants. Or, selon Taipei, la Chine a depuis érigé de nouvelles contraintes pour la participation taïwanaise au sommet prévu à Shenzhen.
Le gouvernement taïwanais considère que ces nouvelles conditions constituent une violation de l’accord initial. « Nous défendrons nos droits et nous coordonnerons avec les nations partageant les mêmes idées pour contrer ces actions », a déclaré M. Lin devant les journalistes.
De son côté, le porte-parole du Bureau des affaires de Taïwan en Chine, Zhang Han, a déclaré mercredi à Pékin que la participation de l’île serait gérée « conformément au principe d’une seule Chine et aux dispositions et pratiques des mémorandums d’accord pertinents de l’APEC ». Le gouvernement chinois estime que Taïwan fait partie intégrante de son territoire.
Taïwan, dirigé par un gouvernement démocratiquement élu, rejette la prétention de la Chine à parler en son nom sur la scène internationale. L’île participe aux forums de l’APEC sous le nom de « Taipei chinois » et n’envoie généralement pas son président aux sommets afin d’éviter les tensions diplomatiques. Il est à noter qu’aucun membre de l’APEC n’entretient de relations diplomatiques formelles avec Taïwan.
Les relations entre Taipei et Pékin sont tendues, marquées par une intensification de la pression militaire chinoise sur l’île. La Chine refuse tout dialogue avec le président taïwanais Lai Ching-te, qu’elle qualifie de « séparatiste ».
La dernière fois que la Chine a accueilli un sommet de l’APEC, en 2014, les relations bilatérales étaient plus apaisées, sous la présidence taïwanaise de Ma Ying-jeou, qui avait alors conclu des accords commerciaux et touristiques significatifs avec Pékin. Cependant, en 2001, Taïwan avait déjà boycotté un sommet de l’APEC en Chine suite à un désaccord sur la composition de sa délégation.
Reportage de Ben Blanchard; Montage par Michael Perry