Publié le 2025-11-08 19:12:00. Malgré un potentiel d’étude psychologique inexploité, le western « Long Shadows » de William Shockley échoue à captiver le spectateur, le plongeant dans un récit alambiqué et émotionnellement bancal.
- Le film, censé explorer la psychologie du personnage principal, Marcus, se noie dans une profusion d’intrigues secondaires et de flashbacks jugés superflus.
- La réalisation visuelle et le jeu d’acteur sont critiqués pour leur manque de cohérence et leur maladresse, nuisant à l’immersion.
- Seule une scène de poursuite à cheval et la prestation de Jacqueline Bisset apportent une touche de dynamisme à l’ensemble.
Le western « Long Shadows », réalisé et co-écrit par William Shockley, se présente comme une tentative avortée d’exploration psychologique profonde. L’intrigue démarre dans les années 1890 avec la découverte d’un jeune Marcus, orphelin suite au meurtre de ses parents par le gang Warren. Égaré à Tucson, le naïf Marcus rencontre Vivian Villerè (Jacqueline Bisset), tenancière de bordel, qui le met en contact avec Dulce (Sarah Cortez), une pianiste de concert réduite à l’état de prostituée. Au lieu de succomber à la tentation, Marcus achète une mule, s’échappe avec Dulce et la ramène chez sa sœur avant de se diriger vers le domaine familial.
Cette prémisse, à la fois simple et classique, aurait pu suffire à porter le film. Cependant, les scénaristes, William Shockley, Grainger Hines et Shelley Reid, ajoutent des couches narratives qui alourdissent l’ensemble. Arrivé dans la maison de ses parents, Marcus trouve une figure paternelle en la personne de Dallas Garrett (Dermot Mulroney), un ancien braqueur de banque. L’entraînement au tir prodigué par Garrett confère à Marcus la confiance nécessaire pour traquer et éliminer le gang Warner. Parallèlement, l’histoire introduit la réapparition d’un ami d’enfance, les machinations de Vivian et de son complice Ned (Dominique Monaghan), ainsi que la mélancolie d’un shérif affligé (Grainger Hines). Bien que ces éléments puissent trouver une justification narrative dans une étude psychologique du personnage principal, leur accumulation rend le visionnage fastidieux et peu divertissant.
La critique s’étend également aux flashbacks incessants qui ponctuent le récit. Le film alterne fréquemment entre le présent et le passé, au point que des séquences se succèdent sans que le spectateur ne parvienne à s’attacher aux événements présents. La justification de ces allers-retours temporels, révélée tardivement, vise à éclaircir les motivations des personnages, mais ne parvient ni à susciter l’empathie, ni le chagrin, ni même la surprise. Cette approche est perçue comme un artifice scénaristique, révélant une vision myope des auteurs qui tentent, maladroitement, d’insuffler une profondeur thématique à un genre déjà surchargé.
Sur le plan esthétique, « Long Shadows » ne parvient pas non plus à convaincre. Malgré une direction artistique soignée, l’apparente richesse visuelle ne colle pas à la rudesse du sujet traité. Le film multiplie les plans larges, les angles de caméra peu conventionnels et les insertions d’images qui déstabilisent l’audience. Si ces choix visuels sont censés refléter la psychologie tourmentée du protagoniste, ils s’avèrent être un échec, donnant l’impression d’une réalisation amateur, comme si le réalisateur n’avait jamais vu de film auparavant. Ces artifices visuels sont d’autant plus problématiques qu’ils se manifestent principalement dans des intrigues secondaires, éloignées du parcours de Marcus, rendant leur pertinence douteuse.
Le casting, malgré son potentiel, peine à relever le niveau, confronté à des dialogues pauvres et clichés. Sarah Cortez, dans le rôle de Dulce, opte pour une intensité mélodramatique qui manque de subtilité. Blaine Maye, interprète de Marcus, affiche une expression figée, peu expressive. La maladresse du film se retrouve même dans des détails, comme une affiche de recherche imprimée sur du papier moderne, témoignant d’un manque flagrant de rigueur. La critique souligne ainsi le niveau de médiocrité atteint, où même un détail anodin comme le papier utilisé attire l’attention.
Quelques rares moments parviennent à susciter l’intérêt, notamment une course-poursuite à cheval entre Marcus et le shérif, qui met en évidence une certaine agilité dans la mise en scène. Jacqueline Bisset tente également de sauver ce qu’elle peut des dialogues simplistes. Cependant, dans l’ensemble, « Long Shadows » manque cruellement de substance pour justifier l’attention du spectateur.