Publié le 7 février 2026 17h06:00. La Corée du Nord exécute des citoyens, parfois mineurs, pour des infractions aussi anodines que regarder des séries télévisées sud-coréennes, révèle une enquête d’Amnesty International qui dénonce un système répressif où la corruption aggrave les peines.
- Des citoyens nord-coréens sont exécutés pour avoir consommé des médias sud-coréens, notamment la série Le jeu du calmar.
- Les sanctions varient de l’humiliation publique à des années de travaux forcés, voire la peine de mort, en fonction de la capacité financière de l’accusé à verser des pots-de-vin.
- La loi anti-réactionnaire de 2020 permet ces punitions sévères, considérant le contenu sud-coréen comme une menace idéologique.
Amnesty International a publié cette semaine un rapport accablant sur la répression en Corée du Nord, révélant que regarder des séries télévisées sud-coréennes peut valoir la peine de mort. L’organisation non gouvernementale (ONG) documente des cas d’exécutions, d’emprisonnements et de traitements inhumains infligés à des personnes surprises en train de consommer des médias étrangers.
Selon les témoignages recueillis auprès d’anciens habitants de la Corée du Nord, la consommation clandestine de programmes sud-coréens est une pratique courante, malgré les risques considérables. Cependant, les sanctions sont loin d’être uniformes. Les individus disposant de moyens financiers peuvent souvent éviter les peines les plus sévères en versant des pots-de-vin aux autorités.
« Ces témoignages montrent comment la Corée du Nord applique des lois dystopiques selon lesquelles regarder une émission de télévision sud-coréenne peut vous coûter la vie si vous ne pouvez pas payer »,
Sarah Brooks, Directrice régionale adjointe d’Amnesty International pour la région de la Grande Chine
Amnesty International dénonce un système où l’accès à l’information est criminalisé et où la corruption est endémique. Les autorités nord-coréennes sanctionnent l’accès à des contenus considérés comme subversifs, tout en permettant aux fonctionnaires de profiter de la peur des citoyens.
La loi anti-réactionnaire sur la pensée et la culture, adoptée en 2020, constitue le cadre légal de cette répression. Elle qualifie le contenu sud-coréen de « idéologie pourrie qui paralyse le sens révolutionnaire du peuple » et prévoit des peines allant de cinq à quinze ans de travaux forcés pour la simple possession de séries, de films ou de musique sud-coréens. La distribution de « grandes quantités » de contenu ou l’organisation de visionnages collectifs sont passibles de la peine de mort.
Malgré ces risques, la consommation de médias étrangers reste répandue en Corée du Nord. Les séries et les films sud-coréens sont introduits clandestinement via des clés USB en provenance de Chine, et visionnés sur des appareils hybrides combinant télévision et ordinateur portable, appelés notestels. Rapport complet d’Amnesty International