Publié le 8 février 2026 11:02:00. Le cinéaste allemand Wim Wenders, 80 ans, présidera le jury international de la Berlinale qui s’ouvre ce jeudi. Il confie préférer observer les films depuis le deuxième rang, pour une immersion totale dans l’œuvre.
- Wim Wenders souhaite être « époustouflé » ou « avoir le vertige » par les films en compétition.
- Pour lui, un film digne d’un prix est celui qui suscite l’admiration ou l’incrédulité : « J’aurais aimé faire ça aussi ! » ou « Je n’aurais jamais pu faire ça ! ».
- Il déplore que l’opinion politique prenne parfois le pas sur la qualité artistique d’un film.
Wim Wenders, réalisateur de films emblématiques tels que « Perfect Days » et « Paris, Texas », abordera la présidence du jury de la Berlinale avec une approche singulière. Contrairement à l’idée reçue, il préfère s’installer au deuxième rang des salles obscures. « Honnêtement, vous avez la meilleure vue là-haut et le film remplit tout le champ de vision. Je ne veux pas voir une mer de gens devant moi, je veux voir l’image du film, la plus grande possible », a-t-il déclaré à l’agence de presse allemande.
Le festival de Berlin, qui débutera le 12 février, verra donc un jury présidé par un cinéaste qui place l’expérience visuelle au cœur de son appréciation. Wenders a déjà siégé dans un jury prestigieux, à Cannes il y a 37 ans, une expérience qu’il décrit comme « inoubliable ».
« J’ai l’espoir que le film m’époustoufle ou « me donne le vertige », dans le langage des footballeurs. »
Wim Wenders, cinéaste
Selon lui, un film qui mérite une récompense est celui qui provoque une réaction viscérale, une forme d’admiration ou d’étonnement. « Un film est considéré comme digne d’un prix s’il pense : « J’aurais aimé faire ça aussi ! » ou « Je n’aurais jamais pu faire ça! ». »
Wenders s’est également exprimé sur la place de la politique dans le cinéma. Il observe avec inquiétude une tendance à privilégier l’opinion politique au détriment de la qualité artistique. « Bien sûr. Parce qu’il ne s’agit souvent plus du film, mais d’une opinion politique. Mais aucune bonne opinion ou intention ne fait un bon film. Malheureusement, cette distinction est de moins en moins faite aujourd’hui ! »
Il souligne l’importance de la subjectivité et de l’ouverture d’esprit dans l’appréciation d’une œuvre. « Pour y parvenir, il faut être prêt à voir et à penser différemment. » Récemment, il a été particulièrement ému par le drame « Hamnet » de Chloé Zhao, au point de verser des larmes à plusieurs reprises.
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