Home Sciences et technologies « Même une apocalypse nucléaire ne rendrait Mars meilleure que la Terre », prévient un expert.

« Même une apocalypse nucléaire ne rendrait Mars meilleure que la Terre », prévient un expert.

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Publié le 8 février 2024 11h02:00. L’astrophysicien Adam Becker tempère l’enthousiasme autour de la colonisation de Mars, estimant que même une catastrophe majeure sur Terre ne ferait pas de la planète rouge une alternative viable à notre « bille bleue ».

  • Même en cas d’apocalypse nucléaire, la Terre resterait plus hospitalière que Mars.
  • La vie sur Mars nécessiterait une dépendance totale à des systèmes artificiels, avec un risque de mort immédiate en cas de défaillance.
  • Transformer Mars en une planète habitable représente un défi technologique et financier colossal, relevant davantage de la science-fiction que d’une stratégie réaliste.

Elon Musk, fondateur de SpaceX, rêve d’étendre l’humanité au-delà de la Terre, faisant de Mars le principal objectif de cette ambition. Son projet, souvent présenté comme un plan B en cas de catastrophe terrestre, implique des solutions audacieuses – voire extravagantes – comme le déploiement de miroirs géants dans l’espace ou la libération de dioxyde de carbone (CO₂) par des explosions nucléaires aux pôles martiens. Cependant, selon Adam Becker, astrophysicien et auteur, cette vision est plus proche d’un fantasme technologique que d’une stratégie fondée sur des bases scientifiques solides.

Becker ne mâche pas ses mots : même dans le scénario le plus pessimiste pour la Terre, notre planète conserverait des atouts majeurs en termes d’habitabilité. Elle continuerait à offrir une atmosphère respirable, une gravité adaptée à la physiologie humaine, un accès à l’eau et une protection naturelle contre les radiations cosmiques.

À l’inverse, la vie sur Mars serait inextricablement liée à des environnements artificiels, confinés sous des dômes pressurisés. Comme le souligne Becker, une simple panne de ces systèmes vitaux signifierait une mort instantanée.

« Vivre sur Mars équivaudrait à vivre toujours dans une capsule scellée, sans réelle possibilité de « sortir pour respirer ».

Adam Becker, astrophysicien et auteur

L’idée de terraformer Mars, c’est-à-dire de la transformer en une copie de la Terre, se heurte à des obstacles considérables. Même en libérant tout le CO₂ stocké sur la planète rouge – par des moyens potentiellement destructeurs – la pression atmosphérique martienne n’atteindrait que 7 % de celle de la Terre, un niveau insuffisant pour permettre la vie sans combinaison pressurisée. De plus, le transport des ressources nécessaires (matériaux, nourriture, eau, humains) sur une distance de 55 millions de kilomètres représente un défi logistique et financier sans précédent.

En définitive, la colonisation de Mars apparaît comme une entreprise extrêmement risquée et coûteuse, dont les bénéfices potentiels restent incertains. Becker, à l’instar de Serge Rochain, estime que l’obsession de Musk pour Mars relève davantage du rêve que d’une analyse réaliste des contraintes physiques et économiques.

Il est donc, selon l’astrophysicien, plus judicieux de concentrer nos efforts sur la protection de la Terre, notre seul refuge connu dans l’immensité de l’univers. Après des centaines de milliers d’années d’adaptation à notre environnement, les êtres humains – comme toutes les autres espèces vivantes – sont parfaitement adaptés à la vie sur cette planète, et nulle part ailleurs. Il n’y a pas de planète B, même avec les technologies les plus avancées.

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