Publié le 2024-02-08 20:05:00. Narges Mohammadi, la militante iranienne lauréate du prix Nobel de la paix en 2023, a été condamnée à de nouvelles peines de prison en Iran, alors qu’elle est déjà incarcérée et a entamé une grève de la faim pour protester contre ses conditions de détention.
- Narges Mohammadi a été condamnée pour « rassemblement et association en vue de commettre une activité délictuelle » et à 18 mois de prison pour « activité de propagande ».
- Elle s’est lancée dans une grève de la faim après que les autorités lui ont refusé des visites familiales.
- Son arrestation en décembre dernier est liée à un hommage rendu à un avocat spécialisé dans les droits de l’homme décédé dans des circonstances troubles.
Ces nouvelles condamnations interviennent dans un contexte de répression accrue des dissidents en Iran, suite aux vastes manifestations antigouvernementales qui ont secoué le pays en janvier. Narges Mohammadi, âgée de 53 ans, est déjà connue pour son engagement en faveur des droits des femmes et de l’abolition de la peine de mort. Elle a déjà été condamnée à 13 ans et neuf mois de prison pour atteinte à la sécurité nationale et propagande contre le régime iranien.
Selon son avocat, Mohammadi a également été condamnée à 18 mois de prison pour « activité de propagande ». L’agence de presse AFP souligne que, selon la législation iranienne, les peines de prison ne sont pas décomptées, ce qui signifie que ces nouvelles condamnations s’ajouteront à sa peine actuelle.
La fondation portant le nom de la militante a indiqué qu’elle avait été arrêtée en décembre lors d’une cérémonie commémorative en l’honneur d’un avocat spécialisé dans les droits de l’homme, décédé dans des circonstances floues. Un procureur de Mashhad a déclaré aux journalistes que Mohammadi et le frère de l’avocat avaient tenu des propos « provocateurs » et « avaient incité les personnes présentes à scander des slogans contraires aux normes ».
Narges Mohammadi a reçu le prix Nobel de la paix en 2023 en reconnaissance de sa lutte contre l’oppression des femmes en Iran. Elle a déjà subi plusieurs crises cardiaques en prison et a été opérée en 2022. Elle avait été libérée temporairement en décembre 2023 pour se rétablir après l’opération, mais son séjour en liberté a été prolongé par les autorités iraniennes avant qu’elle ne soit de nouveau incarcérée.
La semaine dernière, l’agence de presse a rapporté que Mohammadi avait entamé une grève de la faim en raison du refus des autorités de lui permettre de rendre visite à sa famille.