La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, s’oppose fermement à l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur les affaires liées à Jeffrey Epstein, estimant qu’une telle initiative risquerait de s’immiscer dans le travail de la justice. Cette position intervient alors que des personnalités françaises sont de plus en plus citées dans les dossiers publiés récemment.
Interrogée sur Europe 1, la ministre a souligné la nécessité de laisser la justice « faire la lumière » sur d’éventuelles ramifications françaises dans cette affaire. « L’affaire doit être portée devant la justice », a-t-elle déclaré, ajoutant qu’elle ne souhaitait pas voir « les politiques profiter de la générosité des particuliers ». Elle a également dénoncé l’acceptation de privilèges tels que les jets privés et les vacances payées par des tiers, les qualifiant d’« inacceptables ».
La semaine dernière, La France insoumise (LFI) avait réclamé une enquête multipartite afin d’examiner une possible « ingérence » ou un « financement » de partis politiques en lien avec l’affaire Epstein. Ces demandes ont été relancées après la démission de Jack Lang, ancien ministre de la Culture, de son poste de président de l’Institut du monde arabe (IMA) à Paris, en raison de ses liens avec le financier américain condamné pour exploitation sexuelle de mineures.
Jack Lang, âgé de 86 ans, a nié toute implication répréhensible, affirmant avoir été « choqué » de voir son nom apparaître dans les statuts d’une société offshore créée par Epstein en 2016. Sa fille, Caroline Lang, a également démissionné de son poste au sein de la Fondation Le Refuge, qui aide les jeunes LGBTQ+ rejetés par leur famille, ainsi que de la présidence du Syndicat des producteurs indépendants (SPI).
Par ailleurs, le procureur américain Todd Blanche a annoncé le 1er février qu’aucune nouvelle accusation ne serait portée suite à la publication de plus de 3 millions de documents relatifs à l’affaire Epstein fin janvier. Une simple mention dans ces dossiers ne constitue pas, en soi, une preuve d’acte répréhensible.
Le président Emmanuel Macron avait déjà cherché à prendre de la distance par rapport à cette affaire, la qualifiant de « dossier qui concerne principalement les États-Unis ». Il avait insisté sur la nécessité pour la justice américaine de « faire son travail » et avait mis en garde contre le risque de voir les documents publiés alimenter « de l’huile pour les théories du complot ». Il avait également appelé à un « vrai journalisme ».
Une enquête préliminaire pour fraude fiscale a été ouverte par les procureurs français à l’encontre de Jack Lang et de sa fille, suite à leur mention dans les dossiers Epstein. Yaël Braun-Pivet a qualifié ces révélations de « terrifiantes », tout en saluant « la qualité de l’engagement et du travail » de Jack Lang en tant que ministre.