Publié le 12 février 2026 09:51:00. L’utilisation par l’armée israélienne d’armes thermobariques lors du conflit à Gaza a entraîné la disparition de milliers de personnes, réduites en cendres par des températures extrêmes, selon des témoignages et des analyses d’experts. Cette pratique soulève des questions quant au respect du droit international humanitaire.
- L’armée israélienne aurait utilisé des bombes thermobariques générant une chaleur de 3 500 degrés Celsius lors de la guerre à Gaza, débutée en octobre 2023.
- Le Corps de défense civile de Gaza estime que près de 2 842 personnes ont été « évaporées », ne laissant derrière elles que des traces de sang ou de chair.
- Des experts pointent du doigt le caractère potentiellement criminel de l’utilisation de ces armes en zone urbaine, en raison de leur puissance létale et de leur manque de discernement entre combattants et civils.
À Gaza, la douleur est immense pour les familles qui cherchent en vain les restes de leurs proches. Yasmin Mahani, habitante de la ville de Gaza, a confié à Al Jazeera :
« Nous n’avons rien trouvé sur Sa’ad, pas même son corps à enterrer. C’est la chose la plus difficile à supporter. »
Yasmin Mahani, habitante de Gaza
Son fils, Saad, est décédé lors d’un bombardement en août 2024, mais son corps n’a jamais été retrouvé.
Selon un rapport d’Al Jazeera, diffusé le 10 février, l’armée israélienne aurait employé des armes telles que le MK-84 « Hammer », le BLU-109 « Bunker Buster » et le GBU-39, capables d’atteindre des températures extrêmement élevées et de vaporiser les êtres humains. Des restes de ces bombes ont été découverts sur le terrain. L’expert militaire russe Vasily Fatigarov explique que l’ajout de poudres d’aluminium, de magnésium et de titane au mélange chimique permet de prolonger le temps de combustion et d’augmenter la température de l’explosion entre 2 500 et 3 000 degrés Celsius.
Bien que ces armes ne soient pas formellement interdites par le droit international, leur utilisation, en particulier en milieu urbain, est remise en question. Diana Butu, professeure à l’Université de Georgetown au Qatar, souligne que l’emploi de bombes thermobariques est susceptible de constituer un crime de guerre en raison de leur force destructrice et de leur incapacité à distinguer les cibles. Elle critique également le soutien continu apporté par les États-Unis et l’Europe à Israël :
« Les États-Unis et l’Europe continuent d’envoyer des armes à Israël même s’ils savent qu’ils utilisent ces armes contre des combattants et des enfants. Il ne s’agit pas seulement d’un génocide israélien, mais d’un génocide international. »
Diana Butu, professeure à l’Université de Georgetown au Qatar
Interrogé sur ces accusations, Israël n’a pas encore réagi. Le gouvernement israélien affirme que ses opérations à Gaza respectent le droit international et ne ciblent pas intentionnellement les civils. Cependant, des universitaires estiment que 80 à 90 % des quelque 70 000 Palestiniens tués pendant la guerre de Gaza seraient des civils.
Par ailleurs, le Wall Street Journal a rapporté le 11 février que l’organisation américaine Aclad a recensé 370 frappes aériennes, bombardements et tirs de l’armée israélienne en janvier, un chiffre record depuis le début du conflit en octobre dernier. Le président Trump a commenté cette situation sur son réseau social Truth Social après une rencontre avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche : nous avons également discuté des progrès incroyables réalisés dans la bande de Gaza et au Moyen-Orient en général. La véritable paix est arrivée au Moyen-Orient.
Le journaliste Kim Ji-hoon chien de garde@hani.co.kr