Publié le 12 février 2026 à 13h45. La réforme du travail promue par le président argentin Javier Milei a été adoptée au Sénat dans un climat de vives tensions, marqué par des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre à Buenos Aires. Le projet de loi, qui vise à flexibiliser le marché du travail, doit maintenant être examiné par la Chambre des députés.
- La réforme du travail a été approuvée au Sénat par 42 voix contre 30.
- Des manifestations ont dégénéré en affrontements violents à Buenos Aires, faisant au moins deux blessés et plus de trente arrestations.
- Le projet de loi prévoit notamment une réduction des indemnités de licenciement, une limitation du droit de grève et la possibilité d’étendre la durée de la journée de travail.
L’adoption de la réforme du travail par le Sénat argentin, jeudi matin, a été suivie de près par les syndicats et les organisations sociales, qui y voient une attaque contre les droits des travailleurs. Des milliers de personnes ont manifesté devant le Congrès à Buenos Aires, et des heurts ont éclaté avec la police, qui a réprimé les manifestants à coups de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc. Selon un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP), un policier et un manifestant ont été blessés lors des affrontements.
Le président Milei a salué une victoire historique sur le réseau social X, qualifiant l’adoption de la loi de « historique ». Il s’agit d’une étape cruciale dans sa politique de libéralisation économique et de réduction des dépenses publiques.
Le projet de loi controversé prévoit plusieurs changements majeurs dans le droit du travail argentin. Parmi les principales mesures figurent une réduction des indemnités de licenciement, une facilitation des licenciements, une limitation du droit de grève, l’autorisation des paiements en nature et la possibilité pour l’employeur d’exiger le fractionnement des congés payés. La Confédération générale du travail (CGT), le principal syndicat du pays, dénonce ces mesures comme étant « régressives » et préjudiciables aux travailleurs.
Un autre point sensible concerne la durée du travail. Selon la chaîne de radio Cadena Ser, la loi pourrait permettre d’étendre la journée de travail à 12 heures par jour, tout en maintenant la limite hebdomadaire de 48 heures. Cette flexibilité serait obtenue grâce à la mise en place d’un système de banque d’heures.
L’opposition et les syndicats mettent en doute la capacité de cette réforme à créer des emplois, alors que l’économie argentine est confrontée à une période de stagnation, de baisse de la consommation et de recul de la production industrielle.
« Ils ont commencé à réprimer. Il est clair qu’ils ne supportent pas l’organisation du peuple. »
Ernesto Pasarín, manifestant
La sénatrice progouvernementale Patricia Bullrich, fervente défenseure de la loi, a déclaré que celle-ci vise à « simplifier » la vie professionnelle dans le pays et à permettre aux nouvelles générations de « vivre avec dignité et un avenir ». Elle a insisté sur la nécessité de « générer une Argentine qui grandit dans le secteur privé, qui grandit avec les entreprises, qui grandit avec la production ».
Le gouvernement a négocié une trentaine de modifications au projet initial afin d’assurer son adoption rapide à la Chambre des députés. L’objectif est d’adopter la loi avant le 1er mars, date d’ouverture de la session ordinaire du Congrès. La députée péroniste Julia Strada a déclaré à l’AFP que son parti ferait « absolument tout pour que la question ne soit pas discutée » à la Chambre.
Des divergences existent également au sein du mouvement syndical. Certains syndicats, comme le puissant syndicat des travailleurs du pétrole, ont jugé la réaction de la CGT trop timide et ont appelé à une grève générale.
Depuis son entrée en fonction en décembre 2023, la politique d’ouverture économique et de réduction de l’État menée par Javier Milei a entraîné la perte d’environ 300 000 emplois formels, affectant particulièrement les secteurs de la construction, de l’industrie et les économies régionales.
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*Avec informations de l’AFP.