Publié le 12 février 2026 14:32:00. Un astéroïde de la taille d’un immeuble pourrait percuter la Lune en 2032, créant un éclair visible depuis la Terre et potentiellement perturbant les satellites en orbite.
- Un astéroïde d’environ 60 mètres de diamètre (la taille d’un bâtiment de quinze étages) pourrait entrer en collision avec la Lune le 22 décembre 2032.
- L’impact générerait un flash lumineux comparable à celui de la planète Vénus et un séisme lunaire d’une magnitude d’environ 5.
- Bien que la Terre soit hors de danger, les scientifiques étudient l’impact potentiel pour mieux comprendre la physique des collisions et évaluer les risques pour les infrastructures spatiales.
Les astronomes surveillent de près l’astéroïde 2024 AN4, un corps céleste qui a suscité l’attention après des calculs initiaux suggérant un risque d’impact avec la Terre. Si ces derniers se sont avérés infondés, la Lune se trouve désormais sur la trajectoire potentielle de l’astéroïde. Les premières estimations indiquaient un risque de collision avec notre planète de 3,1 %, mais des mesures plus précises ont écarté cette possibilité. L’attention s’est alors portée sur notre satellite naturel, où la probabilité d’impact est désormais estimée à environ 4,3 %.
Selon une étude préliminaire publiée sur le serveur arXiv, l’impact libérerait une énergie équivalente à 5,2 à 8 mégatonnes de TNT, ce qui en ferait l’impact lunaire le plus puissant jamais enregistré à l’ère moderne. La collision créerait un cratère d’environ un kilomètre de diamètre et de 150 mètres de profondeur. Immédiatement après l’impact, un flash lumineux intense, comparable à la brillance de Vénus, pourrait être visible à l’œil nu depuis la Terre, en particulier si l’impact se produit sur la face non éclairée de la Lune. Ce phénomène lumineux pourrait durer plusieurs minutes, suivi d’un rayonnement infrarouge persistant pendant des heures, tandis que la roche en fusion se refroidirait progressivement, atteignant une température d’environ 2 000 kelvins.
L’impact provoquerait également un séisme lunaire d’une magnitude d’environ 5 et éjecterait environ 1,1 million de tonnes de matériaux dans l’espace. Certains débris pourraient échapper à l’attraction gravitationnelle de la Lune et former une pluie de météores. Plus préoccupant encore, certains fragments pourraient représenter une menace pour les satellites et autres infrastructures spatiales en orbite terrestre.
Pour anticiper cet événement, les scientifiques ont réalisé 10 000 simulations informatiques de la trajectoire de l’astéroïde et modélisé le processus d’impact sur les 500 premières secondes. Les résultats suggèrent que la zone d’impact potentielle se situerait dans une ceinture située à environ 3 000 kilomètres au nord du cratère Tycho, visible depuis l’hémisphère nord comme la moitié inférieure du disque lunaire.
Cette situation représente une opportunité scientifique exceptionnelle pour les planétologues. Un impact prévisible de cette ampleur permettrait d’étudier en détail la physique des collisions, la dynamique de la surface lunaire et le comportement de la matière éjectée. Les chercheurs ont déjà préparé un programme d’observation coordonné impliquant des télescopes terrestres, des orbiteurs lunaires et de futures stations de surface.
Le télescope spatial James Webb pourrait jouer un rôle crucial en effectuant des observations limitées les 18 et 26 février 2026, afin d’affiner la trajectoire de l’astéroïde. Les estimations actuelles indiquent qu’il y a environ 80 % de chances que le risque d’impact diminue en dessous de 1 %. Cependant, il existe également une faible probabilité que de nouvelles données augmentent cette probabilité à plus de 30 %.
La NASA et l’Agence spatiale européenne envisagent des scénarios théoriques pour dévier l’astéroïde, y compris l’utilisation d’une explosion nucléaire à proximité. Pour l’instant, ces options restent purement spéculatives et ne constituent pas un plan d’action concret. Plus d’informations sur l’étude.
Quoi qu’il arrive dans les années à venir, l’astéroïde 2024 AN4 démontre notre capacité croissante à suivre les petits objets du système solaire et à réagir aux menaces cosmiques potentielles. Si l’impact devait se produire, le système Terre-Lune deviendrait un laboratoire naturel unique. Dans le cas contraire, cet événement servira de test précieux pour nos capacités de modélisation, notre technologie et notre préparation face aux défis futurs venus de l’espace lointain.