Tensions croissantes au Moyen-Orient : l’administration américaine a affiché une fermeté accrue envers l’Iran, allant jusqu’à évoquer un possible changement de régime à Téhéran, tandis qu’un second porte-avions américain est en route vers la région. Cette démonstration de force intervient en pleine tentative de relance des négociations sur le programme nucléaire iranien.
Le président Donald Trump a laissé entendre vendredi qu’il ne serait pas opposé à un renversement du régime iranien, affirmant que « cela semble être la meilleure chose qui puisse arriver ». Il n’a pas précisé quel groupe ou individu pourrait succéder aux autorités actuelles, se contentant de déclarer qu’« il y a des gens ». Ses propos, tenus après un événement militaire à Fort Bragg, en Caroline du Nord, ont été accompagnés d’une critique virulente des négociations nucléaires en cours, qu’il juge trop longues et coûteuses en vies humaines.
« Depuis 47 ans, ils parlent, parlent et parlent », a-t-il déclaré. « Entre-temps, nous avons perdu beaucoup de vies pendant qu’ils discutaient. Des jambes arrachées, des bras arrachés, des visages arrachés. Cela fait longtemps que nous continuons. »
Washington souhaite que les discussions avec l’Iran ne se limitent pas à la question nucléaire, mais englobent également le programme de missiles balistiques du pays, son soutien aux groupes armés dans la région et la situation des droits de l’homme en Iran. Téhéran s’est dit ouvert à des concessions sur son programme nucléaire en échange d’une levée des sanctions, mais refuse de lier cette question à son arsenal de missiles.
Parallèlement à cette rhétorique ferme, l’administration américaine a annoncé l’envoi du porte-avions Gerald R. Ford, le plus récent et le plus grand porte-avions de la marine américaine, pour rejoindre le Abraham Lincoln déjà déployé dans la région. Plusieurs destroyers lance-missiles, des avions de combat et des appareils de surveillance accompagnent ces navires.
« Si nous ne parvenons pas à un accord, nous en aurons besoin… si nous en avons besoin, nous le préparerons », a déclaré Trump lorsqu’on l’a interrogé sur la raison de ce déploiement supplémentaire.
Selon des sources au sein de l’administration, le Gerald R. Ford mettra au moins une semaine pour atteindre le Moyen-Orient. Il était initialement prévu qu’il opère en Europe avant d’être redirigé vers les Caraïbes en novembre dernier, où il a participé à des opérations au Venezuela plus tôt cette année.
Les États-Unis avaient déjà déployé deux porte-avions dans la région l’année dernière, lors de frappes contre des sites nucléaires iraniens en juin. Trump a même affirmé que, si de nouvelles frappes étaient ordonnées, il ne resterait plus que « la poussière » à cibler, ajoutant qu’il espérait « récupérer ce qui reste ».
En marge de ces tensions, des émissaires américains, Steve Witkoff et Jared Kushner, doivent se rendre à Genève mardi pour des négociations avec l’Iran, avec la médiation d’Oman. Ils y rencontreront également des représentants russes et ukrainiens dans le cadre des efforts américains pour mettre fin à la guerre en Ukraine.