Publié le 16 février 2026 à 06h22 (heure de La Mecque). Le ministre iranien des Affaires étrangères a entamé à Genève une nouvelle série de négociations sur le nucléaire iranien, marquée par la présence inattendue de Jared Kushner, conseiller de l’ancien président américain Donald Trump, et par des tensions persistantes entre Téhéran et Washington.
- Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a débuté lundi à Genève une nouvelle session de pourparlers nucléaires.
- La délégation américaine aux négociations, qui se tiendront mardi, comprendra Jared Kushner et l’envoyé spécial Steve Witkoff.
- Téhéran se montre peu optimiste quant à l’issue des négociations, accusant Washington de ne pas respecter ses engagements passés.
Abbas Araghchi est arrivé lundi à Genève à la tête d’une délégation composée de diplomates et de techniciens. L’objectif est de poursuivre les discussions sur le programme nucléaire iranien et d’organiser des consultations diplomatiques prévues mardi, selon le ministère iranien des Affaires étrangères.
Le ministère a précisé qu’Araghchi rencontrera ses homologues omanais et suisse, ainsi que le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, ainsi que d’autres responsables.
Selon des sources américaines citées par Axios, la délégation américaine participant aux négociations de mardi à Genève, facilitées par la médiation du Sultanat d’Oman, sera composée de Jared Kushner, conseiller principal de l’ancien président américain Donald Trump, et de l’envoyé spécial Steve Witkoff.
À Téhéran, l’agence Tasnim a rapporté que la délégation iranienne avait préparé une série de propositions de négociations. Ibrahim Rezaei, membre du Comité de sécurité nationale du Conseil de la Choura, a déclaré que Téhéran n’était « pas très optimiste », citant des violations passées des accords par Washington.
Rezaei a souligné que l’Iran ne discuterait pas de l’arrêt de l’ enrichissement de l’uranium, ni de la cession de ses stocks enrichis. Il a également précisé que les négociations n’incluraient pas la question des missiles ni les questions régionales.
Les négociations entre Téhéran et Washington, qui avaient repris à Mascate le 6 février, font suite à l’échec de précédentes tentatives après une attaque israélienne contre l’Iran, à laquelle Washington a participé par plusieurs frappes en juin dernier, qui ont duré douze jours.
La Suisse joue un rôle central dans les relations diplomatiques entre l’Iran et les États-Unis depuis des décennies, représentant les intérêts américains en Iran depuis la rupture des relations diplomatiques entre Washington et Téhéran suite à la crise des otages de 1980.
Israël demande
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a souligné dimanche que tout accord entre les États-Unis et l’Iran devait inclure le transfert de tout l’uranium enrichi depuis l’Iran, en plus du démantèlement des capacités iraniennes à enrichir davantage cette matière, et « de résoudre la question de l’uranium enrichi ». Il a également insisté sur la nécessité de traiter le dossier des missiles balistiques.
Le réseau américain CBS News a rapporté, citant deux sources informées, que l’ancien président américain Donald Trump avait déclaré au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors de leur rencontre en décembre dernier qu’il soutiendrait des frappes israéliennes contre le programme de missiles balistiques iranien si aucun accord n’était conclu entre Washington et Téhéran.
Ces développements s’accompagnent d’un déploiement de forces américaines dans la région, la presse américaine indiquant que Trump avait décidé d’envoyer un autre porte-avions américain et les navires de combat qui l’accompagnent au Moyen-Orient, en raison de l’escalade des tensions avec l’Iran.
Les États-Unis et leur allié Israël accusent l’Iran de chercher à se doter d’armes nucléaires, tandis que Téhéran affirme que son programme est destiné à des fins pacifiques, notamment la production d’électricité.
Téhéran estime que Washington et Tel-Aviv créent des prétextes pour une intervention militaire, menaçant de répondre à toute attaque et insistant pour la levée des sanctions économiques occidentales en échange de la restriction de son programme nucléaire.