Home Sciences et technologies « Assez de Netflix et de TikTok, ils créent une dépendance et sont des ‘ennemis’ du silence »

« Assez de Netflix et de TikTok, ils créent une dépendance et sont des ‘ennemis’ du silence »

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Le prieur général de l’ordre camaldulin, Dom Matteo Ferrari, invite à une réflexion sur l’usage des réseaux sociaux et du divertissement numérique au sein des monastères. À 51 ans, ce moine de Camaldoli, devenu figure d’écoute auprès des plus hautes instances religieuses et politiques, plaide pour un retour à la contemplation et à la vie communautaire.

Nommé prieur général en novembre 2023, Dom Matteo Ferrari s’est rapidement distingué par sa capacité à dialoguer avec des personnalités aussi diverses que le pape François et le président Sergio Mattarella. Le pontife l’a choisi comme unique interlocuteur pour les questions liturgiques lors du synode des évêques, tandis que le chef de l’État italien a visité la forêt de Camaldoli, sur son invitation.

Cette forêt, chère à Giorgio Vasari, est le cœur de l’ordre camaldulin, dont l’histoire est ancrée dans la charte élaborée par des juristes et des hommes politiques après-guerre. Dom Ferrari s’attache à perpétuer l’héritage de figures emblématiques de l’ordre, comme les pères Emanuele Bargellini et Alessandro Barban.

C’est dans ce contexte qu’il a récemment exprimé ses préoccupations concernant l’impact des nouvelles technologies sur la vie monastique. Il ne s’agit pas d’une condamnation, mais d’une invitation à la prudence.

« La cellule monastique n’est pas un lieu pour regarder des films individuellement. Je crois qu’il est beaucoup plus sain de penser à des moments communautaires, de croissance commune », explique-t-il. Il déconseille vivement l’utilisation de plateformes de streaming comme Netflix, ainsi que des réseaux sociaux tels qu’Instagram et TikTok, qu’il juge conçus pour créer une dépendance.

Cette réflexion s’adresse en particulier aux jeunes moines et novices. Pour ces derniers, Dom Ferrari propose un véritable « détachement », avec la suspension de l’utilisation des médias sociaux, d’internet dans la cellule, et même la régulation de la communication avec la famille et les amis via des applications comme WhatsApp. Le smartphone lui-même devrait être utilisé avec l’accord de son tuteur.

« Le postulat est un temps de sens critique, il a pour objectif de promouvoir une adaptation psychologique progressive à la nouvelle situation. Je propose d’animer et d’éduquer un sens critique dans l’utilisation d’Internet et des réseaux sociaux, les risques et la valeur de la vie en cellule et dans la solitude », précise-t-il.

Dom Ferrari ne rejette pas pour autant totalement les outils numériques. Il utilise lui-même Facebook pour informer sur les voyages dans les communautés camaldulines et partager des réflexions sur la parole de Dieu et des homélies.

Son inquiétude porte surtout sur le risque de voir la pratique de la cellule se transformer en un simple formalisme, vidée de sa substance par l’attrait des écrans. « L’utilisation des médias sociaux risque de transformer la pratique de la cellule en un simple formalisme », avertit-il, soulignant que ce risque concerne également le monde laïc.

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