Home Divertissement À Menton, vous passez devant ces 3 bâtiments remarquables tous les jours… mais connaissez-vous vraiment leur histoire ?

À Menton, vous passez devant ces 3 bâtiments remarquables tous les jours… mais connaissez-vous vraiment leur histoire ?

0 comments 76 views

Publié le 17 février 2026 à 20h19. Derrière les façades familières de Menton, trois bâtiments emblématiques dissimulent un passé insoupçonné, témoignant d’une histoire riche en jeux, en loisirs et en transformations architecturales.

  • L’ancien Palais de l’Europe, aujourd’hui centre culturel, fut le plus grand casino de la Côte d’Azur au début du XXe siècle.
  • L’actuel hôtel de ville de Menton a également servi de casino, le Cercle des étrangers, avant d’être acquis par la municipalité.
  • Le Palais de l’Orient, reconnaissable à son architecture exotique, a connu une transformation majeure dans les années 1920 pour attirer une clientèle internationale.

Ces métamorphoses, révélées par David Rousseau, chef de projet « Ville d’art et d’histoire », illustrent l’évolution du tourisme et de l’urbanisme à Menton.

En 1909, le Palais de l’Europe, connu à l’époque sous le nom de Kursaal, était bien plus qu’un simple casino. S’étendant sur 30 000 mètres carrés (30 000 m²) répartis sur trois niveaux, il s’agissait d’un immense centre de loisirs. L’architecte danois Hans-Georg Tersling, qui avait également travaillé à Monaco avec Garnier, en est à l’origine. « Il est fondamental dans le paysage Belle Époque mentonnais », souligne David Rousseau à Menton-Presse.

Si la roulette n’a fait son apparition que dans les années 1910, le Kursaal proposait déjà une multitude d’activités : patin à roulettes avec orchestre, théâtre, passages des Folies Bergère, salons d’écriture, fumoirs pour gentlemen et même la livraison quotidienne de la presse britannique. Tout était conçu pour séduire une clientèle hivernale fortunée, principalement anglaise et russe.

« On venait passer l’hiver à Menton. Il fallait rester pâle. Être bronzé signifiait que l’on travaillait dehors. Puis les Américains arrivent, changent les codes, imposent le culte du soleil. Le tourisme bascule. » explique David Rousseau.

La Première Guerre mondiale marque un tournant, avec la disparition de cette clientèle privilégiée. Menton se tourne alors vers un tourisme estival. Dans les années 1930, un grand casino de bord de mer est construit, et le Kursaal perd sa fonction initiale, devenant successivement un centre associatif et des commerces, avant d’être racheté grâce aux réparations de guerre.

Aujourd’hui, le Palais de l’Europe abrite un théâtre, une bibliothèque, une galerie d’art contemporain et accueille de grandes manifestations locales.

L’hôtel de ville de Menton, quant à lui, a une histoire tout aussi surprenante. Construit dans les années 1850 sous le nom de Cercle des étrangers, il accueillait jeux et spectacles avant d’être acquis par la municipalité en 1900. « Ce qui est assez savoureux, c’est que l’actuelle salle du conseil municipal correspond à l’ancien théâtre du casino. Les Folies Bergère s’y sont produites » précise David Rousseau.

Sa façade d’inspiration piémontaise contraste avec le classicisme français. Peu d’éléments de la période festive subsistent à l’intérieur, hormis cette salle emblématique. Cependant, le bâtiment s’avère aujourd’hui trop étroit pour accueillir tous les services municipaux, obligeant la ville à disperser ses équipes.

Enfin, le Palais de l’Orient, avec ses arcs et ses motifs exotiques, est sans doute le palace le plus photographié de Menton. Construit en 1874, il s’appelait initialement le Grand Hôtel et arborait une simple façade Belle Époque. C’est entre 1920 et 1930 qu’on lui a ajouté « ces éléments d’inspiration moghole, pour coller à son nom et séduire une clientèle fortunée en quête d’exotisme. »

À l’époque, chaque palace possédait ses propres boutiques en façade, souvent liées aux besoins de la clientèle britannique, comme des pharmacies anglaises ou des commerces spécialisés. Derrière, s’étendait un vaste jardin en plein centre-ville. Les résidents y passaient parfois des mois, allant jusqu’à redécorer leurs chambres pour se sentir comme chez eux.

Comme de nombreux palaces mentonnais, l’Orient a été transformé en copropriété dans les années 1950, lorsque ces hôtels géants ne correspondaient plus aux nouvelles habitudes. Aujourd’hui, près de 70 % des appartements sont occupés à l’année. « Le prix au mètre carré n’est pas forcément plus élevé, mais les charges, elles, sont énormes. Entretenir un ancien palace, ça a un coût…»

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.