Publié le 17 février 2026 à 18h51. Des manifestations commémoratives en Iran ont été le théâtre de nouvelles expressions de mécontentement envers le pouvoir, tandis que les autorités rendent hommage aux victimes des récentes troubles, exacerbant les tensions dans le pays.
- Des Iraniens ont scandé des slogans anti-gouvernementaux lors de cérémonies commémorant les victimes des manifestations de janvier.
- Les autorités iraniennes ont organisé leurs propres cérémonies en l’honneur des « martyrs » et accusent les États-Unis et Israël de soutenir les « terroristes ».
- Plus de 3 000 personnes seraient mortes lors des troubles, selon les autorités, principalement des membres des forces de sécurité et des passants.
Des scènes de contestation ont éclaté mardi lors de cérémonies marquant le souvenir des quarante manifestants tués lors de la répression des troubles de janvier, selon des vidéos authentifiées par l’Agence France-Presse. Dans plusieurs villes, des participants ont profité de ces commémorations pour exprimer leur colère envers le leadership de la République islamique.
À Abadan, dans le sud-ouest du pays, des habitants se sont rassemblés autour des portraits d’un jeune homme décédé, scandant des slogans tels que « Mort à Khamenei » et « Vive le Shah », témoignant d’un regain de nostalgie pour la monarchie renversée en 1979. Des bruits de tirs ont également été entendus, semant la panique parmi les participants, bien qu’il n’ait pas été confirmé si des armes à feu réelles avaient été utilisées.
Des images diffusées par des organisations de défense des droits de l’homme, dont l’AFP n’a pas pu vérifier l’authenticité, montrent des scènes similaires à Mashhad, dans le nord-est, et à Najafabad, dans le centre du pays. Ces rassemblements témoignent d’une contestation qui, bien que moins visible qu’auparavant, persiste à travers des actions discrètes, comme des slogans scandés depuis les maisons et les toits.
Parallèlement, les autorités iraniennes ont organisé leurs propres cérémonies en l’honneur des « martyrs » tombés lors des affrontements de janvier. Lors d’une cérémonie tenue à Téhéran, des participants ont brandi des drapeaux iraniens et des portraits des victimes, tout en scandant des slogans anti-américains et anti-israéliens, tels que « Mort à l’Amérique » et « Mort à Israël ».
Les autorités iraniennes continuent de minimiser l’ampleur des manifestations, les qualifiant d’« émeutes » orchestrées par des éléments extrémistes soutenus par les États-Unis et Israël. Le premier vice-président Mohammad Reza Arif et le commandant de la Force Qods des Gardiens de la révolution, Esmail Qaani, étaient présents à la cérémonie de Téhéran.
« Ceux qui ont soutenu les émeutiers et les terroristes sont des criminels et en subiront les conséquences. »
Esmail Qaani, commandant de la Force Qods des Gardiens de la révolution, selon l’agence de presse Tasnim
Un comité d’enquête a été mis en place par le gouvernement iranien pour identifier et poursuivre les responsables des troubles. Les autorités ont promis des procès rapides et une tolérance zéro envers les actes de violence. Des vidéos d’interrogatoires de suspects, accusés d’avoir attaqué des biens publics et des forces de l’ordre, ont été diffusées par la télévision d’État ces dernières semaines.
Ces événements interviennent dans un contexte de tensions régionales exacerbées, notamment avec les États-Unis. Un deuxième cycle de négociations entre l’Iran et les États-Unis s’est tenu à Genève, tandis que Washington a déployé un porte-avions et son groupe d’attaque au Moyen-Orient en réponse aux troubles et aux menaces proférées par le président Donald Trump à l’encontre de la République islamique.