Publié le 18 février 2026 à 01h26. L’équipe de France de rugby, portée par la fulgurante association entre Antoine Dupont et Matthieu Jalibert, a infligé une défaite cuisante au Pays de Galles (54-12) lors du Tournoi des Six Nations, confirmant son statut de favori et laissant entrevoir un potentiel offensif exceptionnel.
- La victoire éclatante contre le Pays de Galles illustre la complémentarité et l’efficacité du duo Dupont-Jalibert.
- Malgré un départ hésitant après sa blessure, Antoine Dupont retrouve sa forme et orchestre le jeu avec maestria.
- Matthieu Jalibert, enfin titulaire indiscutable, s’épanouit au poste de demi d’ouverture et contribue de manière décisive à l’attaque tricolore.
Le rugby français semble avoir trouvé sa formule magique. La symbiose entre Antoine Dupont, le demi de mêlée incontournable, et Matthieu Jalibert, le demi d’ouverture en pleine ascension, est en train de devenir l’un des atouts majeurs du XV de France. On pense à ces duos légendaires qui ont marqué l’histoire du sport : Butch Cassidy et le Sundance Kid, Morecambe et Wise, Lennon et McCartney… ou, dans le monde du rugby, Lillee et Thomson, Torvill et Dean, Redgrave et Pinsent. À un moment donné, leurs talents individuels se complètent si parfaitement qu’il devient difficile de mentionner l’un sans l’autre.
Longtemps, les observateurs se demandaient si la cohabitation entre Dupont, pilier du club de Toulouse, et Jalibert, star de Bordeaux-Bègles, serait possible. Leurs univers respectifs semblaient trop éloignés pour former une entité cohérente. Pourtant, l’entraîneur-chef Fabien Galthié a su créer une dynamique positive, permettant à ces deux joueurs exceptionnels de transcender leurs individualités pour le bien commun. Jalibert, après avoir longtemps attendu sa chance, s’est imposé comme un maître à jouer incontournable, capable de déstabiliser les défenses adverses par sa vision du jeu et sa précision au pied.
La démonstration face au Pays de Galles, achevée sur le score de 54 à 12, a été éloquente. Dupont, bien que encore en phase de reprise après sa grave blessure au genou, a démontré toute sa qualité de jeu au poste de demi de mêlée. Sur les huit essais français, les deux joueurs ont été impliqués dans six d’entre eux. Dupont a initié le premier essai par une astucieuse passe aveugle à Émilien Gailleton, avant que les deux demi-arrières ne combinent intelligemment pour offrir à Louis Bielle-Biarrey une opportunité de marquer.
Jalibert a ensuite inscrit un essai personnel, lancé Fabien Brau-Boirie avec une passe subtile et contribué à un autre essai, cette fois pour Théo Attissogbe. Même le dernier essai, marqué par Charles Ollivon, portait la marque de l’intelligence de jeu de Jalibert, avec un petit coup de pied astucieux récupéré par le joueur français.
Dans ses meilleures moments, Jalibert évoque les grands joueurs du passé, comme Jonathan Davies, par sa capacité à jouer avec les défenses avant de les prendre à revers. Associé à la vivacité de Dupont autour des rucks, au dynamisme d’Ollivon, à la cohésion collective de l’équipe, à la précision au pied de Thomas Ramos et au potentiel prometteur de Bielle-Biarrey, le XV de France offre un spectacle offensif époustouflant. Comme l’a souligné l’entraîneur adjoint Shaun Edwards : « Si vous payez pour les regarder, vous en aurez pour votre argent ».
Il faut également souligner la difficulté du défi pour le Pays de Galles, qui a parfois été dépassé par la puissance de l’attaque française, comme ce fut également le cas face à l’Irlande lors du premier match du Tournoi. Parfois, il faut simplement reconnaître sa faiblesse face à une équipe supérieure.
Ce type de duo de demi-arrière d’une telle qualité est relativement rare dans le rugby international. Les plus grands couples 9-10 ont souvent été formés par des joueurs venant d’autres nations : Gareth Edwards et Barry John, puis Phil Bennett pour le Pays de Galles, Aaron Smith et Dan Carter pour la Nouvelle-Zélande, George Gregan et Stephen Larkham pour les Wallabies. Ce dernier duo a disputé 78 matchs ensemble et connaissait les automatismes de l’autre sur le bout des doigts. Un schéma similaire s’est dessiné avec Alessandro Troncon et Diego Domínguez, associés à 53 reprises pour l’Italie.
En comparaison, l’association Jalipont est encore récente. Jalibert, âgé de 27 ans, a vu son éclosion en équipe nationale retardée par des blessures et la concurrence de Romain Ntamack, le partenaire habituel de Dupont à Toulouse. La blessure de Ntamack a finalement ouvert la voie à Jalibert, qui a saisi sa chance avec détermination.
Même si la France n’a pas encore maintenu son niveau de jeu pendant 80 minutes, on comprend pourquoi ses entraîneurs lui accordent une grande liberté offensive. Pourquoi brider une équipe qui a réalisé 21 offloads lors des 40 premières minutes du match contre le Pays de Galles ?
L’équipe de France peut désormais semer le doute dans l’esprit de ses adversaires. Si Dupont souhaite attirer les défenseurs et créer des espaces, il peut le faire. S’il préfère prendre un défenseur de court, c’est également possible. Cela offre à Jalibert suffisamment de temps pour exploiter les couloirs extérieurs. Avoir deux petits généraux sur le terrain simultanément peut être un atout inestimable si les deux joueurs comprennent naturellement ce qui est le mieux pour leur équipe.
Le prochain rendez-vous face à l’Italie à Lille dimanche sera un test important. Il pourrait y avoir des jours plus difficiles pour la réponse française à Ant & Dec – Antoine et Dec ? – à un moment donné. Mais donnez-leur un ballon rapide et un demi-mètre d’espace, et un double problème attend tous leurs rivaux du Tournoi des Six Nations.