Publié le 2024-02-29 10:15:00. L’auteur Alfredo Grande s’alarme d’une dérive de la démocratie vers une simple caricature, où la représentation politique a perdu son sens et sa substance, appelant à une vigilance accrue face à cette déformation.
La démocratie, réduite à une simple façade, est aujourd’hui menacée par sa propre caricature. Comme l’avait souligné Mario Mazzitelli, assimiler démocratie et simple vote est une erreur fondamentale qui contribue à cette déformation. Il ne s’agit plus de représentation authentique, mais de caricatures répressives, des simulacres qui masquent le véritable pouvoir en place, à l’opposé des dessins animés autrefois portés par des publications courageuses comme le magazine Humour.
Cette situation trouve son origine, selon l’auteur, dans un article constitutionnel paradoxal. L’article 22 de la Constitution nationale, qui stipule que « le peuple ne délibère pas et ne gouverne pas », ouvre la voie à cette dérive. Car, en réalité, il n’y a plus de représentants véritables, seulement des figures vides de sens.
L’auteur évoque une réflexion de Miguel de Cervantes : « Dans les nids d’antan, il n’y a pas d’oiseaux d’aujourd’hui ». Il ne s’agit pas d’une simple nostalgie, mais d’une constatation amère de la perte de substance et de continuité. Il rappelle également l’avertissement du Ché Guevara concernant la caricature de la révolution, et insiste sur la nécessité de se méfier de la caricature de la démocratie, car le danger ultime est de prendre l’illusion pour la réalité.
Il illustre ce propos avec une anecdote : « L’homme informe la femme du divorce imminent. « Et pour cela je t’ai donné les plus belles années de ma vie ? » La femme surprise répond : « Et ce furent les meilleures années ? ». Cette question rhétorique souligne l’absurdité d’une situation où les promesses et les idéaux se révèlent illusoires.
L’auteur se demande quelles ont été les meilleures années de la démocratie, et conclut qu’elles appartiennent clairement au passé. Il observe que les caricatures sont omniprésentes, des moqueries à l’égard de Carlos Menem aux défilés de perruques, témoignant d’une perte de sérieux et de crédibilité. Cependant, il s’inspire des réformateurs de 1919, qui affirmaient que « Les souffrances qui subsistent sont les libertés qui manquent », pour appeler à une résistance face à cette « caricature la plus atroce de la liberté ».
Pour en savoir plus sur la question de la caricature et de la représentation politique, vous pouvez consulter l’essai de l’auteur sur le site Pelotadetrapo.org.ar.