Le monde du football est secoué par une nouvelle controverse raciste impliquant Vinicius Junior, l’attaquant brésilien du Real Madrid. L’entraîneur de Bayern Munich, José Vincent Kompany, a vivement critiqué les propos de José Mourinho, son homologue de Benfica, qu’il juge inacceptables après les accusations de racisme lors du match aller de Ligue des champions.
L’incident s’est produit mardi dernier lors du match Benfica-Real Madrid. Vinicius Junior a signalé à l’arbitre, François Letexier, des propos racistes présumés à son encontre. Le Real Madrid a ensuite désigné Gianluca Prestianni, joueur de Benfica, comme l’auteur de ces propos. Prestianni a nié les accusations sur Instagram, tandis que son club a dénoncé une « campagne de diffamation ». L’arbitre a suspendu la rencontre pendant dix minutes, conformément aux protocoles antiracistes, et l’UEFA a ouvert une enquête.
C’est dans ce contexte que José Mourinho a suscité la polémique en déclarant après le match que « quelque chose se passe toujours » lorsque Vinicius est sur le terrain. Des propos que José Kompany a jugés particulièrement déplacés.
« Pour moi, ce qui est encore pire, c’est ce qui se passe après le match », a déclaré Kompany lors d’une conférence de presse vendredi matin, avant le match de Bundesliga entre le Bayern Munich et Eintracht Francfort. « Vous avez le leader d’une organisation, José Mourinho, qui attaque fondamentalement le personnage de Vinicius Jr., en remettant en question ses célébrations pour discréditer ce qu’il accomplit. En termes de leadership, c’est une énorme erreur, quelque chose que nous ne devrions pas accepter. »
Kompany, qui a lui-même été victime de racisme dans sa jeunesse, notamment avec des supporters du Real Bétis qui lui lançaient des cris imitant des singes, a insisté sur la gravité de la situation : « La seule chose que vous ne pouvez pas faire est de discréditer une personne qui se plaint de quelque chose qu’elle a vécu, quelque chose qui doit être très douloureux pour elle. »
L’ancien défenseur de Manchester City a ajouté qu’il connaissait de nombreuses personnes ayant travaillé avec José Mourinho et qu’aucune n’avait jamais exprimé de critiques à son égard. « Je comprends qu’il défend son équipe et son club. Mais cela ne justifie pas d’attaquer le caractère de quelqu’un qui a été victime de racisme », a-t-il souligné.
La Confédération brésilienne de football (CBF) a également réagi en adressant un courrier à l’UEFA et à la FIFA, exigeant que « toute personne coupable d’insultes racistes » envers Vinicius Junior soit identifiée et sanctionnée. Dans un communiqué, la CBF a réaffirmé son attente de voir la FIFA suivre l’affaire et l’UEFA prendre toutes les mesures nécessaires pour punir les responsables.
L’enquête de l’UEFA, menée par un enquêteur éthique et disciplinaire, pourrait prendre jusqu’à trois semaines pour aboutir. À ce stade, il est possible que Vinicius Junior et Gianluca Prestianni se retrouvent sur le terrain mercredi prochain lors du match retour des barrages au Santiago Bernabéu, sans que l’affaire ne soit résolue.