Publié le 21 février 2026 à 01h39. Malgré un récent revers judiciaire, l’ancien président américain Donald Trump a annoncé son intention de mettre en place de nouvelles taxes douanières à l’échelle mondiale, suscitant des inquiétudes quant à une possible escalade des tensions commerciales.
- Donald Trump prévoit d’imposer un nouveau droit de douane global de 10 % sur les importations.
- Cette annonce intervient après que la Cour suprême des États-Unis a invalidé des droits de douane antérieurs mis en place par l’administration Trump.
- Le président compte s’appuyer sur différentes lois commerciales pour contourner la décision de la Cour suprême.
Donald Trump ne compte pas renoncer à sa politique protectionniste. Malgré l’annulation par la Cour suprême des droits de douane qu’il avait instaurés, l’ancien président a annoncé son intention d’imposer un nouveau prélèvement global de 10 % sur les importations, via un décret signé à cet effet. Cette décision intervient après que la plus haute instance judiciaire américaine a jugé illégales les mesures tarifaires précédentes.
Lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, Trump a exprimé sa déception et son indignation face à la décision de la Cour suprême, la qualifiant de « terrible » et de « honte pour la nation ». Il a également attaqué les six juges ayant rendu le verdict, les qualifiant de « fous et de chiens de compagnie de la gauche radicale des démocrates ».
Selon Trump, cette nouvelle mesure est nécessaire car la Cour suprême a déclaré invalides les prélèvements antérieurs. Il a affirmé utiliser depuis l’année dernière les revenus générés par les droits de douane pour financer la lutte contre la drogue, notamment le fentanyl, et mettre fin à des conflits à l’étranger.
Pour contourner la décision de la Cour suprême, Trump envisage de s’appuyer sur une loi différente de celle qu’il avait utilisée jusqu’à présent, l’IEEPA (International Emergency Economic Powers Act) de 1977, que la Cour a jugée inappropriée. Il compte également utiliser une loi commerciale de 1974, l’article 122, qui lui permettrait d’imposer rapidement des droits de douane pendant une période de 150 jours, le Congrès devant ensuite décider d’une éventuelle prolongation.
De plus, Trump évoque la possibilité d’utiliser une loi commerciale de 1962, qui offre également des options en matière de droits de douane si la sécurité nationale est en jeu.
Il souhaite également imposer « plusieurs nouveaux devoirs » en vertu de l’article 301 de la loi de 1974, qui traite des pratiques commerciales déloyales. Ces tarifs, selon lui, entreraient en vigueur « immédiatement ».
« Pour protéger notre pays, un président peut en fait imposer des tarifs douaniers plus élevés que ceux que j’ai imposés l’année dernière. »
Donald Trump, ancien président américain
Cependant, l’application de ces lois n’est pas automatique. Les articles de la loi de 1974 et de la loi de 1962 autorisent le président à imposer des droits de douane supplémentaires, mais seulement après une enquête menée par le Représentant américain au Commerce (une agence gouvernementale) et le ministère du Commerce, afin de déterminer s’il existe des pratiques commerciales déloyales ou une menace pour la sécurité nationale.
Lors de la séance de questions-réponses qui a suivi sa déclaration, Trump a indiqué qu’il n’était pas encore clair si les pays concernés seraient remboursés des droits de douane déjà perçus, suite à l’annulation de ces derniers par la Cour suprême. Des dizaines de milliards de dollars ont déjà été collectés, avec une estimation de 175 milliards de dollars selon l’Université de Pennsylvanie. Trump a reconnu que la résolution de cette question pourrait prendre « des années ».