Publié le 21 février 2026 22h36. Le tourisme en Chine connaît un essor grâce à une nouvelle offre combinant voyages culturels et facilité de déplacement, notamment grâce à l’acceptation facilitée des cartes bancaires étrangères. Cette tendance, observée pendant les vacances du Festival du Printemps, profite particulièrement aux régions moins touristiques et modifie les habitudes des voyageurs d’affaires.
- Les revenus du tourisme récepteur ont augmenté de 18,7 % entre le 15 et le 20 février par rapport à l’année précédente.
- Des forfaits combinant billets de train à grande vitesse et accès aux sites patrimoniaux sont particulièrement populaires.
- Un projet pilote de paiement par carte étrangère, étendu aux autocars et aux aéroports, simplifie les déplacements pour les touristes étrangers.
Le secteur du tourisme chinois bénéficie d’une dynamique positive, stimulée par une nouvelle approche qui met l’accent sur l’expérience culturelle et la simplification des procédures de voyage. Les données de mi-vacances du ministère de la Culture et du Tourisme révèlent une augmentation significative des dépenses des visiteurs étrangers, notamment grâce à des offres groupées innovantes. Ces produits combinent l’efficacité du réseau ferroviaire à grande vitesse avec l’accès privilégié aux sites historiques et culturels du pays.
Les sites touristiques proposant des expériences immersives connaissent une affluence particulièrement forte. La ville Everbright de la dynastie Tang à Xi’an, par exemple, a enregistré une augmentation de 40 % de la fréquentation étrangère par rapport à 2025, selon un rapport de l’agence de presse Xinhua. Cette popularité croissante est en partie due à la collaboration entre les voyagistes locaux et China Railway, qui ont mis en place un projet pilote permettant aux visiteurs de réserver des itinéraires multi-villes via une seule application, en utilisant leur carte bancaire étrangère.
Cette simplification des paiements et des réservations a un impact notable sur les voyages d’affaires. Deloitte Chine constate que de nombreux clients prolongent désormais le séjour de leurs employés après des missions professionnelles, brouillant ainsi la frontière entre travail et loisirs. Les employés peuvent ainsi, par exemple, prendre un vol pour Shanghai, puis un train à grande vitesse pour Suzhou afin de visiter des usines, avant de rejoindre Hangzhou pour assister à un spectacle de lumière nocturne, le tout sans avoir à faire la queue pour acheter des billets.
Les régions en dehors des grandes métropoles sont particulièrement avantagées par cette tendance. Dans la province du Guizhou, la nouvelle ligne d’autocars charters « Miao Village Express », reliant la gare du Nord de Guiyang aux villages Miao, a attiré des touristes français et thaïlandais, notamment ceux disposant de visas de deux jours obtenus à Shanghai Pudong. Par ailleurs, l’agrandissement de la piste d’atterrissage des gros porteurs de l’aéroport de Chengdu a permis d’augmenter le nombre de vols charters en provenance de Singapour et de Kuala Lumpur, facilitant ainsi l’accès aux circuits culturels du Sichuan, axés sur la découverte des pandas.
Pour les voyageurs souhaitant organiser leur séjour, le portail dédié à la Chine de VisaHQ propose des informations actualisées sur les exigences en matière de visa, les délais de traitement et les conseils de conformité.
Cette évolution du tourisme a également des implications pour les équipes des ressources humaines des entreprises. Les employés qui profitent de leurs jours de congés pour voyager en Chine doivent respecter les réglementations en vigueur concernant les taux de change et les déclarations de devises. Plusieurs entreprises occidentales ont d’ailleurs mis à jour leurs politiques de voyage pour rappeler à leur personnel le plafond de 20 000 RMB (environ 2 800 euros) en espèces autorisé à la douane. De plus, les allocations pourraient devoir être ajustées, notamment en raison de l’augmentation des prix des hôtels dans les quartiers culturels, comme à Xi’an, où les tarifs ont bondi de 55 % pendant les vacances.
Le gouvernement chinois considère le tourisme culturel comme un outil de soft power stratégique. Dans un commentaire publié samedi, l’agence Xinhua a exhorté les provinces à traduire les audioguides des musées dans les « dix langues des principaux partenaires commerciaux de la Chine » d’ici la fin de l’année, ce qui faciliterait grandement les visites pour les non-sinophones. Un prochain ensemble de mesures politiques, prévu pour avril, devrait étendre le projet pilote de paiement numérique pour inclure les codes QR UnionPay liés aux cartes étrangères, simplifiant ainsi davantage la mobilité des visiteurs internationaux.