Home Divertissement Un champignon dans la bouse d’hippopotame de Pablo Escobar : une œuvre d’art comme chemin contre la dépression

Un champignon dans la bouse d’hippopotame de Pablo Escobar : une œuvre d’art comme chemin contre la dépression

0 comments 55 views

Publié le 22 février 2026 06:08:00. En Colombie, l’héritage paradoxal de Pablo Escobar se poursuit à travers une population croissante d’hippopotames, dont les excréments sont désormais au cœur d’une expérience artistique et scientifique visant à explorer de nouvelles voies thérapeutiques.

  • L’introduction d’hippopotames par Pablo Escobar dans les années 1980 a conduit à une population sauvage d’environ 169 individus en 2025, avec des projections atteignant les 1 000 en 2035.
  • L’artiste Camilo Restrepo cultive des champignons psychédéliques dans les excréments de ces hippopotames, explorant leur potentiel thérapeutique pour traiter l’anxiété, la dépression et même la dépendance à la cocaïne.
  • Cette initiative s’inscrit dans une critique de la politique antidrogue menée par les États-Unis en Colombie et propose une approche alternative basée sur les propriétés dissolutives du moi offertes par ces champignons.

Dans les années 1980, Pablo Escobar, le célèbre baron de la drogue colombien, a fait importer quatre hippopotames d’Afrique vers son domaine, l’Hacienda Nápoles, située dans la région de Magdalena Medio. Cette acquisition s’inscrivait dans une volonté de créer un zoo privé extravagant, témoignant de son opulence et de son pouvoir. Après la mort d’Escobar en 1993, les hippopotames ont été laissés à l’abandon, s’échappant de l’Hacienda et se reproduisant rapidement dans l’environnement local. Aujourd’hui, leur population dépasse les 169 individus et continue de croître, posant des défis écologiques et de sécurité.

L’artiste paisa Camilo Restrepo, témoin des ravages causés par le trafic de drogue durant sa jeunesse, envisage cette situation sous un angle différent. Il perçoit dans les excréments de ces hippopotames une opportunité inattendue : la culture de champignons aux propriétés psychédéliques. Cette démarche s’inscrit dans une critique de la lutte contre la drogue, qu’il juge contre-productive et source de violence en Colombie. Restrepo souligne que cette politique, promue par les États-Unis pendant des décennies, a alimenté une guerre sanglante et permis à des criminels d’accumuler des richesses considérables.

L’idée de cultiver des champignons dans les excréments d’hippopotames est née en septembre 2024, après une exposition à Miami. Restrepo s’est interrogé sur les éventuelles mutations génétiques induites par l’environnement colombien chez ces animaux, et si ces mutations pouvaient se traduire dans leurs excréments. Il a alors envisagé la possibilité de faire pousser des champignons hallucinogènes différents de ceux que l’on trouve habituellement en Colombie.

Les recherches de Restrepo se concentrent sur les propriétés dissolutives du moi offertes par ces champignons. Il explique que, contrairement à la cocaïne, qui exalte l’ego, ces champignons induisent un sentiment de connexion avec la nature et le divin, favorisant des expériences mystiques et une perte de la conscience de soi. Il s’appuie sur des études menées depuis des décennies sur les thérapies à base de champignons hallucinogènes, bien que leur utilisation ait été entravée par la guerre contre les drogues.

L’artiste va même plus loin en suggérant que ces champignons pourraient être utilisés pour traiter la dépendance à la cocaïne. Il estime que leur capacité à diluer l’ego pourrait aider les personnes dépendantes à rompre le cycle de la toxicomanie. Restrepo a créé une installation artistique intitulée Hypopotamie, qui recrée une saisie de drogue avec des blocs de cocaïne remplacés par des excréments d’hippopotame et des éléments utilisés pour la culture des champignons. Cette œuvre vise à dénoncer l’échec de la guerre contre la drogue et à proposer une alternative thérapeutique.

En collaboration avec sa femme, Catalina Echavarría, psychologue spécialisée dans les états de conscience modifiés, Restrepo prévoit de mener une expérimentation personnelle en consommant une macrodose de ces champignons. L’objectif est d’explorer leur potentiel thérapeutique pour traiter son anxiété et sa dépression, et de documenter les effets de cette expérience. Echavarría souligne que cette démarche sera encadrée par des professionnels de la santé et que toutes les précautions nécessaires seront prises.

À terme, Restrepo envisage de créer une société, baptisée Hippopotamensis, qui proposera des installations artistiques et des séances thérapeutiques à base de champignons hallucinogènes issus des excréments d’hippopotames. Il cible notamment les touristes attirés par le tourisme lié à Pablo Escobar, en leur offrant une expérience alternative et potentiellement curative. Pablo Escobar, entre le mythe et la honte.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.