Publié le 22 février 2026. La cohabitation entre les babouins du Cap et les populations humaines devient de plus en plus conflictuelle, avec des incidents croissants et un débat sur la meilleure façon de gérer ces animaux sauvages.
La situation est particulièrement tendue à Simon’s Town, où les babouins s’aventurent régulièrement dans les habitations, causant dégâts et effrayant les résidents. Des incidents récents, dont une agression et des intrusions dans des foyers, ont mis en évidence la complexité du problème.
Nicola de Chaud, une documentariste vivant à Simon’s Town, témoigne de la difficulté de la situation :
« C’est devenu vraiment très difficile et très traumatisant. »
Nicola de Chaud, documentariste
Elle relate avoir découvert de la nourriture éparpillée dans sa cuisine et avoir même vu un babouin jeter son chien à travers la véranda. En janvier dernier, un babouin mâle est entré chez elle et a refusé de partir pendant dix minutes.
Ces incidents ne sont pas isolés. En 2024, une manifestation à Kommetjie contre la présence des babouins a dégénéré en affrontements entre partisans et opposants à leur présence, entraînant la mort d’un babouin et d’une personne, suite à l’utilisation de poivre pulvérisé.
Le « grave problème » est souligné dans le plan d’action de gestion des babouins du Cap 2025, qui reconnaît qu’il n’existe pas de solution unique :
« Aucune solution unique ne peut satisfaire toutes les parties ni résoudre le conflit de manière définitive. »
La population de babouins chacma, qui ne connaît pas de prédateurs naturels dans la péninsule du Cap, a augmenté de manière significative, passant d’environ 360 individus en 2000 à plus de 600 en 2024, selon les données du plan d’action. Cette augmentation s’accompagne d’une augmentation des interactions avec les humains, car les babouins sont attirés par la nourriture disponible en ville.
Les autorités envisagent différentes solutions, notamment la construction de clôtures pour limiter l’accès des babouins à certaines zones et l’application d’une politique de « tolérance zéro » envers les dommages causés par les primates. À Simon’s Town, où la topographie rend l’installation de clôtures difficile, un projet de déplacement des deux troupes vers un sanctuaire est à l’étude. L’euthanasie reste une option de dernier recours, mais suscite l’opposition des défenseurs des animaux.
Sandie MacDonald, de l’organisation Cape Peninsula Civil Conservation, souligne que la situation évolue positivement dans certaines zones : « Les babouins pénètrent beaucoup moins dans la majorité de ces zones. »
Cependant, des désaccords persistent sur la meilleure approche à adopter. Nerine Dorman, une habitante de Welcome Glen, s’oppose fermement au projet de sanctuaire :
« Autant les déposer [les relâcher], plutôt que de les reléguer dans cette captivité vivante. »
Nerine Dorman, habitante de Welcome Glen
Joselyn Mormile, scientifique au Cape Baboon Partnership, qui étudie les babouins d’Afrique du Sud depuis 15 ans, estime que la situation à Simon’s Town est particulièrement difficile :
« C’est une bataille perdue d’avance que nous menons chaque jour pour que les babouins et les gens restent heureux là-bas. »
Joselyn Mormile, scientifique au Cape Baboon Partnership
Elle a mené des recherches à Rooi-Els, un village où les habitants ont opté pour la coexistence, et a constaté une mortalité plus élevée des babouins, notamment des bébés tués par des véhicules.
Justin O’Riain, professeur à l’Université du Cap, estime que les défenseurs du bien-être animal portent une part de responsabilité dans le conflit, en contestant les décisions de gestion des babouins sans proposer d’alternatives viables. Il souligne que les défis juridiques ont entravé la mise en œuvre de mesures efficaces, contribuant à la formation de la troupe problématique de Simon’s Town.
Le plan de gestion des babouins du Cap est actuellement contesté en justice. La contestation judiciaire est menée par des militants mécontents du projet de sanctuaire.
Pour en savoir plus sur le Parc national de la Montagne de la Table, consultez le site web de SANParks. Les données démographiques de la ville du Cap sont disponibles dans le rapport du recensement de 2022.
Un recensement officiel annuel des babouins est également disponible.