L’armée congolaise a lancé des offensives sur plusieurs fronts contre le M23/AFC, un groupe rebelle opérant dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Des frappes de drones ont visé des positions rebelles près de Rubaya, une ville minière stratégique, le mercredi 25 février 2026.
Les combats se sont concentrés autour de Rubaya, où des soldats du M23/AFC ont été touchés par une frappe de drone la veille, selon des sources locales et sécuritaires. La mine de Rubaya est un acteur majeur dans la production mondiale de coltan, un minerai essentiel à la fabrication d’appareils électroniques, fournissant entre 15 et 30 % de l’approvisionnement mondial.
Depuis sa reprise d’activité en 2021, le M23/AFC a pris le contrôle de vastes zones de l’est de la RDC, riche en ressources naturelles. Le groupe a capturé la mine de Rubaya, dans la province du Nord-Kivu, en avril 2024, avec le soutien du Rwanda, selon les sources.
En décembre dernier, le M23/AFC a lancé une offensive sur la ville stratégique d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, près de la frontière avec le Burundi. Cette attaque a été condamnée par les États-Unis, qui ont tenté de négocier un accord de paix fragile entre la RDC et le Rwanda. Un cessez-le-feu proposé par l’Angola, devant entrer en vigueur le 18 février, n’a pas réussi à mettre fin aux hostilités.
Le président français Emmanuel Macron a souligné mercredi la nécessité d’un cessez-le-feu et d’une « solution politique durable » dans l’est du pays. « La France soutient pleinement les efforts de médiation pour une solution politique durable dans la région des Grands Lacs, la cessation des hostilités, un cessez-le-feu et le respect de l’autorité de l’État et de l’intégrité territoriale de la RDC », a-t-il déclaré sur X.
Des milices locales, appuyées par des soldats congolais, ont mené des attaques sur plusieurs points de la ligne de front dans le Nord-Kivu, notamment à Masisi, où se trouve Rubaya. Elles ont pris le contrôle du village de Kazinga, situé à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Rubaya.
Selon des experts, le M23/AFC a mis en place une administration parallèle à l’État congolais pour contrôler l’exploitation de la mine de Rubaya. « Dans le centre de Rubaya, les gens sont terrifiés. Je suis allé voir l’endroit où le drone a frappé, mais l’accès m’a été refusé », a déclaré un habitant à l’AFP, sous couvert d’anonymat.
L’AFP n’a pas pu confirmer le nombre de victimes de la frappe, car les réseaux téléphoniques dans la région sont coupés depuis mardi et les autorités congolaises et les groupes de la société civile ont fui l’arrivée du M23/AFC. Des affrontements ont également été signalés dans les hauts plateaux du Sud-Kivu, où l’armée congolaise affronte une coalition de milices alliées au M23/AFC.
Les forces de Kinshasa, dépassées sur le terrain par le M23/AFC et les troupes rwandaises, mieux équipées, comptent en partie sur la pression américaine exercée sur Kigali pour stabiliser la ligne de front, ont indiqué des spécialistes régionaux et des sources sécuritaires. Elles bénéficient également d’un contrôle relatif de leur espace aérien grâce à des drones chinois et turcs à longue portée et à l’aide de paramilitaires étrangers.