Publié le 26 février 2026 à 06h19. Une étude révolutionnaire révèle que le nez du Triceratops, bien plus qu’un simple organe olfactif, jouait un rôle crucial dans la régulation de sa température corporelle, un atout vital dans le climat chaud de la fin du Crétacé.
Le Triceratops, dinosaure herbivore emblématique reconnaissable à ses trois cornes et à son imposante collerette osseuse, vivait il y a environ 66 millions d’années. Des recherches récentes, publiées dans la revue The Anatomical Record, démontrent que son nez géant possédait une fonction bien plus complexe que la simple perception des odeurs.
Pour percer les secrets de cet organe, Seishiro Tada du Musée de l’Université de Tokyo et ses collègues, issus de musées d’histoire naturelle aux États-Unis, au Canada, au Japon et en Chine, ont réalisé des tomodensitogrammes (scanners) sur des crânes fossilisés. Cette technologie a permis de créer un modèle informatique 3D révélant la structure interne cachée de l’anatomie du dinosaure.
L’équipe a également comparé l’anatomie du fossile à celle du nez d’animaux modernes, tels que les oiseaux et les crocodiles. Les résultats ont mis en évidence un réseau complexe de nerfs et de vaisseaux sanguins à l’intérieur de la cavité nasale du Triceratops. Une découverte particulièrement notable concerne le nerf trijumeau, le plus grand nerf crânien responsable de la sensibilité faciale.
Chez la plupart des reptiles, ce nerf atteint les narines via la mâchoire. Cependant, la structure massive et dense du crâne du Triceratops bloquait ce cheminement habituel. Cette contrainte anatomique a conduit le système nerveux et les vaisseaux sanguins à emprunter une voie alternative unique à travers l’arbre nasal.
Les chercheurs ont également identifié la présence de cornets respiratoires, des structures osseuses incurvées présentes dans le nez des mammifères et des oiseaux, mais rarement observées chez les dinosaures. Ces structures agissent comme un radiateur naturel, réchauffant et humidifiant l’air inhalé.
Même si le Triceratops ne possédait probablement pas un sang aussi chaud que les animaux modernes, la présence de ces cornets témoigne de l’existence d’un système efficace de régulation de la température et de l’humidité au sein de son corps massif.
Maintenir une température corporelle stable était essentiel à la survie de cet animal géant. Les organes vitaux, tels que le cœur, les poumons et le cerveau, ne pouvaient fonctionner de manière optimale que dans une plage de température précise. Une température corporelle trop élevée ou trop basse pouvait perturber leurs fonctions biologiques.
Le Triceratops, vivant dans le climat chaud de la fin du Crétacé, était particulièrement vulnérable à la surchauffe en raison de son volume corporel important. Son rapport surface/volume élevé rendait le refroidissement naturel difficile. C’est là que le nez jouait un rôle crucial en tant que système de refroidissement central. En refroidissant l’air entrant et en dissipant l’excès de chaleur grâce à un réseau complexe de vaisseaux sanguins, le Triceratops pouvait éviter un stress thermique potentiellement mortel.
Outre la régulation de la température, le contrôle de l’humidité était également primordial. En conservant la vapeur d’eau à l’intérieur du corps lors de la respiration, ces dinosaures pouvaient prévenir la déshydratation, en particulier dans les environnements secs. (BBC / Nautilus)