Le gouvernement britannique examine actuellement la possibilité d’interdire l’entrée sur son territoire du rappeur Kanye West, programmé comme tête d’affiche du festival Wireless à Londres en juillet prochain. La ministre de l’Éducation, Bridget Phillipson, a fermement condamné les propos antisémites de l’artiste, estimant qu’il ne devrait pas se produire lors de l’événement.
« Les commentaires qu’il a formulés par le passé sont totalement inacceptables et absolument dégoûtants. »
Bridget Phillipson, secrétaire à l’Éducation
Tout en précisant qu’elle ne pouvait s’exprimer sur des dossiers individuels relevant des règles d’immigration, Mme Phillipson a martelé qu’il n’y avait « aucune place pour ce genre de haine, d’intolérance ou d’antisémitisme », que ce soit de la part de l’artiste ou de quiconque.
Cette prise de position s’inscrit dans un climat de tension croissante. Le Premier ministre, Sir Keir Starmer, a qualifié la programmation de l’artiste de « profondément préoccupante », compte tenu de ses remarques antisémites et de son apologie du nazisme. Parallèlement, le Parti conservateur a exhorté le gouvernement à refuser l’octroi d’un visa à l’artiste, affirmant que permettre à une personne ayant un tel parcours de diriger un événement public majeur enverrait « totalement le mauvais message ».
L’artiste, également connu sous le nom de Ye, fait l’objet de vives critiques depuis plusieurs années. Parmi les incidents cités figurent l’expression d’une admiration pour Adolf Hitler, la commercialisation de t-shirts arborant une croix gammée l’année dernière, ainsi que la sortie d’un titre intitulé « Heil Hitler ».
Selon Chris Philp, secrétaire d’État à l’Intérieur (Shadow Home Secretary), ces actions ne constituent pas un « écart ponctuel », mais révèlent un « schéma de comportement » ayant causé une détresse réelle au sein des communautés juives. Face à cette polémique, deux sponsors du festival se sont déjà retirés dimanche dernier.